Covid-19 : en Allemagne, la vaccination obligatoire en débat au Parlement

Le chemin législatif s’annonce long, car au sein du Parlement le sujet ne fait pas l’unanimité. Première étape vers la vaccination obligatoire en Allemagne, les débats commencent au Bundestag ce mercredi alors que les rassemblements d'opposants se multiplient.

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Radio France
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Une session du Parlement allemand, le 13 janvier 2022. (TOBIAS SCHWARZ / AFP)

"Un sujet d’une telle gravité exige de prendre le temps de débattre", reconnaît-t-on au SPD, le parti majoritaire, celui du chancelier Scholz. La vaccination obligatoire conrtre le Covid-19 fait débat en Allemagne : même si 60% des Allemands affirment y être favorables, le chiffre tend à baisser au fil des semaines. Olaf Scholz avait porté cette proposition juste après son élection, alors même qu'il y était opposé durant sa campagne. Le camp conservateur CDU/CSU de l'ex chancelière Angela Merkel avait aussi soutenu cette proposition.

Mais un mois après, le Bundestag reste divisé sur cette mesure. Les débats qui commencent mercredi 26 janvier. Si l'Autriche va devenir le premier pays européen à rendre la vaccination obligatoire dès début février, l'Allemagne pourrait y venir mais pas avant fin mars.

>> Covid-19 : contre la vaccination obligatoire en Allemagne, ces opposants organisent des "promenades"

Le nouveau chancelier Scholz a donc choisi de ne pas brusquer les choses mais comme le dit l’une des députées de son camp, Nezahat Baradari, par ailleurs pédiatre, la solidarité doit jouer, c’est inévitable, tout le monde doit être vacciné. "Nous avons vraiment misé pendant deux ans sur le volontariat. Mais nous ne pouvons plus imposer cela à notre système et à nos jeunes. Il y a des enfants qui ne savent toujours pas lire et écrire correctement."

"Rien qu’en Allemagne, nous en sommes à plus de 100 000 morts. Notre économie s’effondre. Nous ne pouvons plus continuer à injecter de l’argent dans le système."

Nezahat Baradari, députée SPD

à franceinfo

Au sein de la majorité, on sent beaucoup d’inconfort. Moins parmi le SPD et les Verts, davantage chez les libéraux du FDP. Au nom de son groupe, Andrew Ullmann, député et médecin, va faire une offre de compromis. "On propose d’abord une obligation d’information, détaille-t-il. Chaque adulte non vacciné reçoit un rendez-vous obligatoire afin qu’il puisse se faire vacciner dès qu’il aura été informé. Pas informé dans sa bulle sur internet, mais bien par un professionnel. Si cette action ne comble pas nos lacunes en matière de vaccination, la prochaine étape sera de la rendre obligatoire, en particulier pour les personnes les plus vulnérables."

"Une ligne rouge a été franchie"

Un seul groupe parlementaire s’oppose totalement à ce projet, l’extrême-droite. Pour la députée AfD Christina Baum, il est "inimaginable qu’un État soit maître du corps de ses citoyens".

"À mon avis, ça n’est pas du tout compatible avec la dignité humaine et le droit fondamental à la vie en général. C’est vraiment une ligne rouge qui a été franchie."

Christina Baum, députée AfD

à franceinfo

Cette députée, par ailleurs dentiste qui exerce dans un cabinet aux côtés de son mari, n’est pas vaccinée et se pose la question de ce qu’elle va faire après le 15 mars, car les personnels de santé sont le premier groupe pour qui la vaccination va devenir obligatoire.

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