Covid-19 : "Ça prend six mois et c'est 150 millions d'euros pour créer" une structure de production de vaccins à ARN messager, indique l'Institut Santé

Que ce soit en matière de déconfinement ou en matière de production locale de vaccins, il faut savoir se montrer patient, recommande mercredi sur franceinfo Frédéric Bizard, fondateur de l'Institut Santé.

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Radio France
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La France utilise actuellement deux vaccins à ARN messager contre le Covid-19, l'un produit par les laboratoires Pfizer-BioNtech, l'autre par Moderna. (ESTELLE RUIZ / HANS LUCAS)

"Ça prend 6 mois et c'est 150 millions d'euros pour créer" une structure de production de vaccins à ARN messager, affirme mercredi 21 avril sur franceinfo Frédéric Bizard, professeur d’économie à l’ESCP Business School et fondateur de l’Institut Santé.

franceinfo : À quand un vaccin conçu et produit en France, qui serait un gage d'indépendance vaccinale ? Pour le moment, la France ne fait que remplir des flacons sur son sol.

Notre pays est totalement dénué de structures de production de vaccins à ARN messager, au-delà de structures de flaconnage. Ça prend six mois et c'est 150 millions d'euros pour créer cette structure. Je pense que la France devrait être bien plus ambitieuse par rapport à la production de vaccins à ARN messager.

Le gouvernement annonce la levée des restrictions de déplacements (au-delà de 10 km) le 3 mai, ainsi que le retour de certaines terrasses... Qu'en pensez-vous ?

Pour un retour à la vie normale, il faut accélérer au moins jusqu'à 580 000 à 600 000 doses par jour et je ne vois pas très bien ce qui va nous permettre d'accélérer.

L'Union européenne (UE) a-t-elle bien négocié les achats de vaccins avec les gros laboratoires et les plus petits comme Valneva (un laboratoire franco-autrichien), dans un contexte de forte demande ?

La décision d'achats groupés au niveau de l'Union européenne est en train de sérieusement patiner parce que l'UE se montre relativement inflexible. Clairement, il faut de la flexibilité, une capacité d'adaptation qui est difficile pour l'Union européenne, qui dépend de la volonté des 27 États membres. C'est une machine probablement beaucoup trop lourde à manier là où il faut être capable de s'adapter en fonction de l'évolution des circonstances. L'idée, encore une fois, de l'achat groupé d'une distribution équitable entre les États est bonne. Mais attention à ce que cela ne se retourne pas contre la crédibilité de l'UE à pouvoir protéger la population par un nombre de vaccins suffisant. Donc, je crois que là, il y a de la politique qui doit revenir un peu et les États doivent reprendre un peu la main tout en prônant une Union européenne.

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