Covid-19 : à ce rythme, "il faudra encore sept mois pour vacciner 60% de la population", selon le Pr Alain Astier

Pharmacies, vaccinodromes... Le gouvernement a choisi les bonnes options sauf que les pharmaciens disent ne pas avoir de doses.

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Radio France
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Des seringues du vaccin Pfizer prêtes à être injectées (illustration). (ISABELLE GAUDIN / RADIOFRANCE)

Emmanuel Macron s'est félicité lors d'une réunion "vaccins" à l'Élysée, que la vaccination "s'accélère", avec près de 18 millions de doses injectées, reconnaissant toutefois "des difficultés pour convaincre sur l'AstraZeneca". Pourtant, "il faudrait encore 7 mois pour vacciner 60% de la population", estime mercredi 21 avril sur franceinfo le Pr Alain Astier, membre de l'Académie nationale de pharmacie.

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franceinfo : À quand une immunité collective en France ?

Pr Alain Astier : Quand on regarde les chiffres, on voit que l'évolution est favorable, mais elle reste linéaire. On n'y arrivera pas avant la fin de l'année. Il faudrait encore 7 mois, si on garde ce rythme, pour vacciner 60% de la population. Ce qui serait déjà pas mal, encore que ça ne garantisse pas la totalité de l'immunité.

"On est encore dans des visions inadaptées au besoin."

Pr Alain Astier, membre de l'Académie nationale de pharmacie

à franceinfo

Le gouvernement a-t-il choisi les bons canaux pour vacciner la population, vaccinodromes ou pharmacies ?

Oui, quand on voit que la vaccination, notamment par les pharmacies de ville, a été un franc succès. Le problème, c'est qu'ils n'ont pas de doses. Il y a à la fois, je dirais, une défiance. Mais il y a aussi le fait que dans mon entourage, on voit des gens qui acceptent tout à fait de se faire vacciner en pharmacie de ville mais les pharmaciens de ville disent "on n'a pas les doses". Donc, il y a une sorte d'incohérence entre à la fois une volonté de se faire vacciner et une crainte qui a été, d'une certaine façon, amplifiée de façon déraisonnable compte tenu du contexte.

Qu'en est-il de la défiance vis-à-vis du vaccin AstraZeneca ?

Malheureusement, je pense que le mal est fait de façon irrémédiable. Je crains qu'on arrive à la même situation avec Janssen [qui utilise la même technologie, mais avec une seule dose]. Il n'est pas question de nier des effets indésirables. Mais tout traitement, tout acte médical, tout acte dans votre vie personnelle présente un risque. Donc là, il y a un risque qui existe, il est réel, mais il est très faible et donc il faut toujours raisonner en bénéfice risque.

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