"Tous les employés sont munis de masques, de gants, de gel" : à Marseille, la plus vieille savonnerie de France tourne à plein régime

Pour poursuivre leur activité, les 29 employés de la savonnerie Le Fer à cheval de Marseille (Bouches-du-Rhône) respectent scrupuleusement les gestes barrières, grâce aux équipements de protection dont l'entreprise avait anticipé la commande. 

Le Fer à cheval, installée à Marseille, est la plus ancienne savonnerie de France. 
Le Fer à cheval, installée à Marseille, est la plus ancienne savonnerie de France.  (COULOT EDOUARD / MAXPPP)

Parmi les entreprises qui poursuivent leur activité pendant le confinement, la plus ancienne savonnerie de France. Le Fer à Cheval, à Marseille, a vu sa production passer à plus de 150 tonnes de savon par semaine. Les 29 ouvriers appliquent depuis le début de l’apparition du coronavirus des règles d’hygiène très strictes.

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Tous les matins, la même procédure se répète. Raphaël Seghin, président de la savonnerie Le fer à cheval fait le tour des ateliers et prend la température de ses employés à l'aide d'un pistolet laser. "On est un peu plus rassurés, assure Michel Bianconi, le maître-savonnier, vu que le patron nous contrôle, nous donne les masques, nous donne le gel. Entre parenthèses, le gel je n'en ai pas besoin : nous on a le savon."

Raphaël Seghin, qui a fait toute sa carrière en Asie, avant de reprendre il y a sept ans la savonnerie, alors en faillite, n'a pas été pris au dépourvu. "Fin février, on a commencé à instaurer les gestes barrières. Au début c'était un peu compliqué, et quand je demandais aux gens de ne pas faire la bise, on me regardait un peu comme un extra-terrestre, on se foutait de moi derrière mon dos. On a assuré un stock de masques suffisant avant qu'il y ait une vraie pénurie, donc tous les employés sont munis de masques, de gants, et il y a du gel dans tous les ateliers."

Pour moi le pire c'est la peur, et si on la laisse prendre le contrôle c'est difficile d'en revenir.Raphaël Seghin, président de la savonnerie Le fer à chevalà franceinfo

L'usine tourne à plein régime car la demande de savon de Marseille explose, mais les boutiques sont fermées en France. Résultat, c'est l'Europe et surtout l'Asie qui achètent ces savons naturels et de fabrication traditionnelle. Il est toutefois possible de passer commande sur Internet, et pour les Marseillais, un drive-in va être ouvert prochainement dans la cour de l'usine.

A Marseille, le succès du savon traditionnel : écoutez le reportage d'Olivier Martocq
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