Tour de France 2020 : c’est "la fête et d'une certaine manière la renaissance", espère le directeur du Tour

Décalée au mois de septembre, la plus grande course cycliste mondiale se déroulera "de manière adaptée", explique Christian Prudhomme, avec une caravane réduite.

Christian Prudhomme, directeur du Tour de France.
Christian Prudhomme, directeur du Tour de France. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

À moins de deux mois du grand départ du Tour de France 2020, qui s’élancera le 29 août de Nice, pour s’achever sur les Champs-Élysées le 20 septembre, le directeur du Tour de France, Christian Prudhomme, assure "qu’il y aura du monde au bord des routes", malgré le décalage forcé de son épreuve en raison de l'épidémie de coronavirus. Il annonce par ailleurs des partenariats solidaires avec Emmaüs et le Secours populaire.

franceinfo : Qu’est-ce que cela vous fait, de vous dire que le Tour de France sera le premier grand événement mondial sportif de l’année ?

Christian Prudhomme : C’est quelque chose de fort. Je pense qu'il y a une vraie attente des gens à voir les champions à nouveau se battre. Il y a aussi une attente des champions. Le Tour, c'est la plus grande course cycliste du monde, c'est toujours le grand rendez-vous, mais là, plus que jamais. Tous les champions doivent réussir leur Tour, c'est quasi-obligatoire. Parfois aussi pour la survie de leur équipe, parce que les partenaires viennent essentiellement pour voir leurs équipes et leurs coureurs disputer le Tour de France. Donc, on a bien conscience de cette responsabilité-là.

Évidemment que le Tour de France se déroulera de manière adaptée, en fonction des consignes.Christian Prudhomme, directeur du Tour de Franceà franceinfo

Mais ça va être un Tour de France qui est aussi la fête et d'une certaine manière, la renaissance. Retrouver un monde où on est à nouveau un peu plus libre.

On peut quand même espérer voir les plus grands champions cyclistes mondiaux, la caravane, le public au bord des routes ?

Les plus grands champions, sans aucun doute. La caravane, elle, sera moins importante, il y aura moins de véhicules. Mais elle doit être là. Et, oui, il y aura des gens au bord des routes. Le Tour, c'est bien plus que la plus grande course cycliste du monde. C’est de l'histoire, c'est de la géographie. Cela permet à tous les publics de s'échapper, de s'évader. Des gens qui sont malades, des anciens qui sont dans les maisons de retraite…Ils voient le Tour, ils voient la beauté de la France, la mise en valeur de nos territoires, de nos terroirs. On a un pays magnifique ! Ce qui me frappe ces dernières années, c'est de voir que de plus en plus de gens sont fiers d'accueillir le Tour, partout. Des gens me disent merci sur la route du Tour en permanence. Parce que le Tour a des racines très profondes dans notre pays. On a tous un souvenir du Tour. Y être allé avec ses parents, avec ses cousins, ses frères et sœurs, ses grands-parents, avec ses amis. Et au-delà du sport ! Vous avez des gens au bord des routes qui ne connaissent pas les noms des champions. Mais le Tour est là, et je l'avais dit au mois de mars : seule la Guerre mondiale, à deux reprises, a empêché le déroulement du Tour de France.

Si quelque chose empêche le déroulement du Tour de France, ça veut dire que le pays est mal en point. Et on ne peut pas le souhaiter.Christian Prudhommeà franceinfo

Ce n'était pas gagné pour tout le monde, y compris pour les collectivités, alors que la France était plongée dans la crise du Covid, de partir avec vous quand même…

Mardi 14 avril, j'ai pris mon téléphone et j'ai appelé tous les élus du Tour. Ils m'ont donc tous dit oui dans la même journée. On a toujours espéré avoir le Tour, mais on s'est rendu compte à un moment donné, fin mars, qu'il fallait forcément décaler les dates. Et on s'est mis le plus tard possible. C'était en fait que le dernier dimanche libre qui précédait le championnat du monde sur route, le dimanche 27 septembre. Et on sera encore formellement dans l'été, puisque cela se terminera le 20 septembre.

Vous lancez aussi cette année le Tour de France solidaire...

Oui, avec le Secours populaire, les Journées du bonheur à vélo. Là, il y aura une vingtaine de rendez-vous avec 400 vélos qui seront donnés à 400 gamins du Secours populaire.

Il y aura aussi une opération de collecte sur les étapes du Tour de France, avec Emmaüs, pour proposer aux gens de donner leurs vélos, qui seront retapés.Christian Prudhomme, directeur du Tour de Franceà franceinfo

On espère en récupérer un maximum pour que ceux qui n'ont pas les moyens d'acheter un vélo puissent le faire. Nous défendons la bicyclette sous toutes ses formes : le vélo des champions, mais aussi la bicyclette du quotidien. Parce qu'elle est source de bonne santé, parce qu'elle est source de liberté, de découverte et qu'elle est très utile. Et qu'on souhaite que le Tour de France, lui aussi, soit utile.