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Second tour des municipales : il faut "encore une bonne dizaine de jours pour qu'on ait une idée de la circulation du virus", affirme le Conseil scientifique

Le professeur Franck Chauvin, membre du Conseil scientifique, affirme que le premier tour des élections municipales n'a pas joué un rôle majeur dans la propagation du Covid-19. Le conseil rendra un avis quinze jour avant la date prévue pour le second tour. 

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Radio France
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Un électeur lors du premier tour des élections municipales, à Brive-la-Gaillarde (Corrèze), le 15 mars 2020 (NICOLAS BLANZAT / FRANCE-BLEU LIMOUSIN)

Le Conseil scientifique a indiqué mardi 19 mai qu'il ne s'oppose pas à la tenue du second tour des élections municipales en juin, tout en assortissant son avis de vives réserves qui doivent tenir compte de la situation épidémique. "Il faut à peu près encore une bonne dizaine de jours de façon à ce que les indicateurs soient stabilisés et qu'on ait une idée de la circulation du virus", a expliqué mardi 19 mai sur franceinfo le professeur Franck Chauvin, président du Haut conseil de la santé publique et membre du Conseil scientifique. "Le virus circule probablement assez peu et c'est tant mieux", note le professeur Franck Chauvin. Il souligne que le Conseil scientifique "ne se prononce pas sur des dates de tenue des élections" et "qu'il n'y a pas de solution miracle" pour la tenue du second tour. Il ajoute que le premier tour des municipales "n'a pas été responsable d'une flambée de l'épidémie".

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franceinfo. En lisant l'avis que vous avez rendu au gouvernement, on comprend tout de même qu'il est urgent d'attendre avant de prendre une décision ?

Franck Chauvin. On a essayé de donner au gouvernement les arguments scientifiques dont on disposait pour qu'il puisse prendre la décision la plus adaptée. Et donc on a fait une estimation des risques. On est dans une période extrêmement critique, la période de sortie du confinement. Et c'est vrai que la lisibilité à terme est encore faible. On en saura de plus en plus au fur et à mesure que le temps va passer. Donc nous, on ne se prononce pas sur des dates de tenue des élections. On évalue des risques liés à ces élections. Bien évidemment qu'il n'y a pas de solution miracle. Toutes les solutions présentent des avantages et des inconvénients.

On sait qu'actuellement, on est dans une période où le virus circule assez peu. Les indicateurs qu'on a sont bons. Mais il ne s'agirait pas que l'épidémie reparte. Et c'est pour ça qu'on a dit qu'il était nécessaire de faire le point 15 jours avant la tenue des élections, quelle qu'en soit la date, de façon à s'assurer que le risque est vraiment minime quant au redémarrage d'une épidémie.

Quels sont les indicateurs les plus importants pour émettre votre avis sur ce sujet ?

Les indicateurs auxquels on a tous été habitués pendant cette crise, c'est-à dire le nombre de patients hospitalisés, le nombre de patients hospitalisés en réanimation, mais qui sont malheureusement des indicateurs assez tardifs. Il y a de nouveaux indicateurs qui arrivent qui, avec le nombre de tests qui augmentent, permettront d'avoir une assez bonne image de la circulation du virus. Pour l'instant, le virus circule probablement assez peu et c'est tant mieux. C'est l'effet du confinement.

Le moment où l'on pourra avoir un regard un peu plus précis sur la circulation du virus, pour vous, c'est dans une semaine, 10 jours, 15 jours ?

Oui, je pense qu'il faut à peu près encore une bonne dizaine de jours de façon à ce que les indicateurs soient stabilisés et qu'on ait une idée de la circulation du virus. On sait que pour l'instant, il existe encore quelques clusters qui apparaissent ici ou là. Mais ça, ce n'est pas anormal. On sait qu'on n'est pas débarrassé du tout du virus. Il ne faudrait pas donner de faux espoirs à nos concitoyens. En revanche, la circulation est faible et se limite pour l'instant à quelques clusters.

Quelques études font état que le premier tour des élections a provoqué une explosion des contaminations. Est-ce qu'elles vous paraissent valables ? Est-ce que vous avez observé cette hausse ?

Il est probable que ce premier tour n'a pas été responsable d'une flambée de l'épidémie, comme on a pu le lire ça ou là. Probablement pas. On était dans une période où l'épidémie était en train de s'accélérer, ce qui a donné lieu au confinement le 17 mars et la prise de décision le 16. On était déjà dans une phase d'accélération. Probablement que les élections, qui se sont passées quand même avec beaucoup de mesures barrières qui n'avaient pas grand chose à voir avec ce qu'on pouvait observer dans la rue le même jour, donc ces élections ont probablement très peu impacté l'évolution de l'épidémie.

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