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Réouverture des cafés et restaurants : "Tout le monde a une échéance, sauf nous", s’alarme le propriétaire d’un hôtel-restaurant, "dans l’incompréhension la plus totale"

David Cozette, propriétaire de l’hôtel-restaurant Bor à Hyères (Var) et commentateur de basket, ne comprend pas la décision du gouvernement de ne pas fixer de date de réouverture pour les cafés et restaurants.

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Radio France
Publié
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Le restaurant Bor à Hyères (Var), détenu par David Cozette. (CAPTURE D'ECRAN GOOGLE MAPS)

"Tout le monde a une échéance, sauf nous", s’alarme vendredi 24 avril sur franceinfo David Cozette, propriétaire de l’hôtel-restaurant Bor à Hyères (Var), réagissant à l’annonce du ministre de l’Économie Bruno Le Maire qui a déclaré qu’une "décision finale" sera prise "vers la fin du mois de mai pour avoir une date de réouverture des cafés, restaurants et bars".

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"Je suis un peu choqué, et à minima, dans l'incompréhension la plus totale", souffle David Cozette. Commentateur et voix du basket français (d’abord sur Canal puis sur RMC Sport), il venait de reprendre une affaire saisonnière, avait ouvert pour cette saison le 11 mars dernier, avant de fermer quatre jours plus tard, et de mettre au chômage partiel huit salariés. Il se confie sur ses incertitudes, et parle de "deux poids, deux mesures" quant aux annonces du gouvernement concernant les commerces qui pourront rouvrir pour le déconfinement, et ceux toujours en attente.

franceinfo : Comprenez-vous que le gouvernement attende fin mai pour se prononcer sur la date de réouverture des cafés, restaurants et bars ?

David Cozette : Je suis un peu choqué, et à minima, dans l'incompréhension la plus totale. Tout le monde a une échéance, sauf nous, les bars et les restaurants. Cette échéance, c'est le 11 mai et c'est vrai que ça aide à tenir. Alors qu’on est la seule corporation à n’avoir absolument aucune échéance. Et ça, c'est terrible parce qu’on ne peut pas expliquer à notre personnel ce qu'on va pouvoir faire. On ne peut pas s'organiser en amont et là où j'ai vraiment beaucoup d'incompréhension, c'est que je pense que tout le monde souffre de cette situation. Le 11 mai, tout le monde va avoir une seule envie, c’est de sortir, de voir ses amis, de passer la soirée ensemble. Je le comprends parfaitement, je suis dans ce cas. Voilà comment ça va se passer par exemple à Paris, que je connais bien. S'il y a des belles soirées en mai, vous pouvez être sûr que les quais de Seine ou le canal Saint-Martin vont être noir de monde. C’est humain. On aura le droit de sortir. Les Français vont prendre leurs bouteilles de rosé, quelques bières, des chips, et vont se réunir pour pouvoir profiter de leur liberté retrouvée. Mais pendant ce temps-là, tous les restaurants seront fermés.

Auriez-vous été prêt à rouvrir le 11 mai dans des conditions sanitaires suffisantes ?

Bien sûr ! Du moment qu’on nous fixe un cadre. C’est ce que je pense à titre personnel, mais j’imagine que plein de restaurants ont les mêmes attentes que moi. Si on me dit, par exemple, d’enlever la moitié des tables sur ma terrasse, ça m’oblige peut-être à laisser quelques salariés au chômage partiel parce que je ne peux pas avoir tout mon personnel avec un chiffre d'affaires moindre, mais au moins, je peux un peu travailler. Le tout, c'est d’avoir un cadre. Il y a des choses que je ne comprends pas. La première chose que je vais faire après le déconfinement, c’est d’aller chez le coiffeur. J’imagine que les contacts y seront inévitables, comme chez le barbier. Quand vous serez au bac du shampoing, vous serez côte à côte. Et vous pouvez vous imaginer que tout le monde va se ruer chez le coiffeur. Je ne comprends pas, alors que c’est le même type de contact physique, comment des petits restaurants doivent rester fermés alors que d’autres commerces vont pouvoir rouvrir. C’est du deux poids, deux mesures, quelque part.

Bruno Le Maire a annoncé l’élargissement de l’accès au Fonds de solidarité pour l'hôtellerie et la restauration. Allez-vous en bénéficier ?

Je bénéficiais déjà parce que j'ai demandé à ma banque le prêt garanti par l'État que j'ai obtenu assez facilement. J'ai entendu que des banques traînaient un peu des pieds. La mienne, pour le coup, a été très réactive et c'était super de se sentir soutenu. Ce prêt va me permettre de payer mes échéances de prêt l'hiver prochain, quand l'hôtel et le restaurant seront fermés, alors que je n'aurai pas fait assez de chiffre d'affaires durant la saison. Ce n'est même pas aujourd'hui que ça me sera utile, même si ça va m'aider à avancer les salaires avant d'être indemnisé par l'État pour chômage partiel. C’est l'hiver prochain, quand les grosses traites arriveront et qu’il n'y aura aucune rentrée d'argent, que ce prêt sera utile.

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