"Qui aurait arrêté mon fils qui travaillait dehors sans symptômes ? Personne !" : un village italien endigue le coronavirus grâce au dépistage

À Vo’, dans la région du Veneto, où a été diagnostiqué le premier malade italien du coronavirus, il y a un un mois, une campagne de dépistage massif et d’isolement des malades a permis d’enrayer l’épidémie.

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La place de Vo', à une trentaine de kilomètres de Padoue, au nord-est du pays. (MICHELE GALVAN / MaxPPP)

"On faisait la queue, l’un derrière l’autre, à distance, comme on nous l’a demandé", se souvient Sandra Cartolaro, une personnalité associative de Vo’, un bourg situé à une trentaine de kilomètres de Padoue, au nord-est du pays. On portait un masque, j’étais angoissée." 

C’était au début du mois, devant les grilles de l’école maternelle de la commune italienne, là où a été diagnostiqué le premier cas de coronavirus. Les 3 300 habitants de Vo' ont été confinés et testés en masse : sur les 89 cas positifs, ils ne sont désormais plus qu’une poignée, malgré trois personnes décédées depuis le début de la maladie. Des résultats qui représentent une lueur d’espoir pour l’Italie, où à ce jour plus de 5 400 personnes sont mortes à cause du virus.

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Les tests ont alimenté toutes les conversations, bien au-delà de Vo’, devenu un laboratoire à ciel ouvert. Catia, gérante du tabac-presse, un des rares commerces ouverts. "J’avais du mal à le croire, je ne comprenais pas ce qui se passait, raconte-t-elle. C’était totalement imprévisible, totalement inattendu."

Au début, je pensais que c’était une blague, avant de comprendre que c’était très sérieux.

Catia

à franceinfo

Le but de l’opération est alors d’isoler les personnes atteintes du virus, même sans symptômes. Comme les membres de la famille de Claudio, un viticulteur. "C’est ce jour-là qu’on a appris que ma femme et mon fils avaient le coronavirus, indique Claudio. Mais ils étaient sans symptômes ! Qui aurait arrêté mon fils qui était toujours dehors pour son travail ? Personne ! C’est un miracle."

Véritables propagateurs de l’épidémie, tous les asymptomatiques ont été repérés, mis en quarantaine et des vies ont été sauvées. "Vous vous rendez compte !, s’exclame le maire de la ville, Giuliano Martini. Quatre-vingt neuf cas positifs, dont au moins soixante dans la nature. Je pense que si on n’avait pas fait ce qu’on a fait, ce ne sont pas trois morts que nous pleurerions mais beaucoup plus et ç’aurait été une véritable tragédie." Une expérience que les élus locaux souhaiteraient voir élargie à toute la région du Veneto.

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