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Consultation des parlementaires sur le pass vaccinal : le député LFI Éric Coquerel dénonce un "simulacre de consultation"

Le vaccin, oui pour éviter les formes graves, mais on se rend compte qu'il n'empêche pas la propagation du virus, constate le député de Seine-Saint-Denis qui appelle de nouveau le gouvernement à "mettre le paquet sur l'hôpital".

Article rédigé par France Info
Radio France
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Éric Coquerel, La France insoumise (LFI) de Seine-Saint-Denis , le 24 novembre 2017. (JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / RADIO FRANCE)

"C'est un simulacre de consultation", dénonce le député La France insoumise (LFI) de Seine-Saint-Denis Éric Coquerel mardi 21 décembre sur franceinfo, alors que le Premier ministre a invité les groupes parlementaires à participer à une visioconférence pour parler des propositions de nouvelles mesures sanitaires par le gouvernement, notamment la transformation du pass sanitaire en pass vaccinal.

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franceinfo : Le gouvernement consulte-t-il davantage les parlementaires aujourd'hui qu'au début de la crise sanitaire ?

Éric Coquerel : Non, depuis le début de la pandémie, des consultations sont faites, mais en réalité – et c'est une des raisons pour lesquelles on a arrêté d'y aller – ce ne sont pas des consultations, c'est une information des parlementaires. On a eu la mauvaise surprise, les premières fois, de se retrouver ensuite avec une communication du gouvernement qui laissait entendre qu'il s'était mis d'accord avec les groupes, les parlementaires et que ces propositions les concernaient. Donc, ce genre d'information qui n'a rien d'une véritable consultation du gouvernement ne sert à rien. C'est un simulacre de consultation. La consultation du Parlement sera réellement en janvier, dans l'hémicycle, où le gouvernement présentera une proposition de loi.

Que souhaitez-vous dire au Premier ministre ?

Ce que nous disons depuis quelques temps. Nous étions contre la prolongation du pass sanitaire pour deux raisons, d'une part parce que ça pose un problème sur la société de contrôle et de limitation des libertés que cela implique, un problème de discrimination. Et en plus de ça, c'est souvent une fausse sécurité, d'ailleurs malheureusement ça s'est confirmé parce que les gens ont l'impression qu'ils ne vont pas transmettre la maladie, on oublie les gestes barrières, on oublie de mettre les masques et on se retrouve avec quelque chose qui n'est pas forcément très positif. Et là, ça va être pire parce qu'en réalité c'est une obligation vaccinale déguisée, qui est en train de se mettre en place et je crois que ce n'est pas la meilleure solution pour lutter contre l'épidémie, que de discriminer, de viser les Français, de pointer du doigt ceux qui ne veulent pas se faire vacciner, au lieu d'essayer plutôt par la pédagogie de les convaincre.

"Vu le très haut niveau de personnes vaccinées, je ne suis pas d'accord avec ce discours du gouvernement qui laisse entendre que c'est à cause des non-vaccinés qu'aujourd'hui on en est là."

Éric Coquerel, La France insoumise (LFI) de Seine-Saint-Denis 

à franceinfo

Mais ne trouvez-vous pas que le gouvernement a déjà fait beaucoup pour inciter les Français à se faire vacciner sans les y obliger ?

On a un taux de vaccination qui va, selon les tranches d'âge, de 75 à 96 %. Je vous rappelle qu'au début de la maladie, on nous disait que ça valait immunité collective. Le nombre de personnes vaccinées en France, en théorie, si le vaccin était la seule solution, devrait empêcher le virus de revenir. Or, il revient maintenant de manière régulière. Moi, je suis pour convaincre les gens de se faire vacciner ne serait-ce que parce que ça empêche la plupart des cas les plus graves de cette maladie. Mais à côté de ça, il faut mettre en place d'autres mesures, ce que ne fait pas le gouvernement et notamment mettre le paquet sur l'hôpital qui se retrouve - comme à chaque variant depuis le début de cette crise – submergé faute de lits supplémentaires, faute de moyens supplémentaires, tels que le gouvernement les avait assurés.

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