"On ne le fera que si on est vraiment prêt" : un évêque et un imam préparent la réouverture de leurs lieux de culte

Les cérémonies religieuses peuvent reprendre dès ce samedi 23 mai. Les gestes barrières à respecter impliquent une nouvelle organisation pour les lieux de culte et leurs fidèles, et une lourde préparation pour leurs responsable.

Un panneau sur des chaises indique \"rangée condamnée\" dans la cathédrale de Quimper, le 15 mars 2020.
Un panneau sur des chaises indique "rangée condamnée" dans la cathédrale de Quimper, le 15 mars 2020. (FRED TANNEAU / AFP)

"C’est une heureuse surprise !" se réjouit Monseigneur Olivier Leborgne quand l'imam Tarek Oubrou se dit lui "pris de court". Après plus de deux mois de confinement, les cérémonies religieuses peuvent reprendre dès ce samedi 23 mai. Un décret est paru au Journal officiel dans la nuit. "Nous ne pouvons que nous réjouir de cette possibilité qui nous est faite… Les catholiques désiraient retrouver l'eucharistie depuis longtemps maintenant", réagit sur franceinfo le vice-président de la Conférence des Evêques de France. Les musulmans aussi espéraient pouvoir reprendre rapidement le chemin de la mosquée, alors qu'ils fêteront la fête de l'Aïd el-Fitr qui marque la fin du ramadan, ce dimanche. Cependant, le grand imam de la mosquée de Bordeaux reconnaît sur franceinfo qu'ils n'ont "pas eu le temps de préparer l'organisation de cette prière".

Respecter les gestes barrières...

Pour limiter la propagation du coronavirus dans les mosquées, "il faudrait limiter le nombre de fidèles et les accompagner pour qu'ils changent de comportement", estime Tarek Oubrou. "De toute manière, les préfectures nous accompagnent dans ce processus de déconfinement des lieux de culte", explique-t-il, en précisant qu’il va aussi falloir "organiser le circuit" dans les mosquées parce que "l’entrée n’est pas la sortie". Même précautions du côté des églises. "Si jamais une paroisse n’est pas prête, elle attendra dimanche prochain pour célébrer la messe, on ne le fera que si on est vraiment prêt", assure Mgr Leborgne qui estime "possible" que des messes soient célébrées dès ce samedi dans son diocèse d'Amiens.

...malgré les pratiques cultuelles

Les églises comme les mosquées se préparent donc à accueillir de nouveau leurs fidèles. "Nous avons commencé le nettoyage et la préparation des masques", explique Tarek Oubrou. "Nous veillerons à la distanciation sociale, au port du masque, et au lavage des mains à l'entrée et à la sortie", énumère de son côté Monseigneur Olivier Leborgne. Le grand imam de Bordeaux prévient tout de même qu'il faudra "accompagner les fidèles pour qu'ils changent de comportement" alors que "la prière musulmane est un peu particulière". "Les gens s'assoient par terre. Il y a une promiscuité. Les corps se touchent dans la prière et donc ça va être très difficile", regrette-t-il. Il pourrait donc y avoir "une sélection" des fidèles pour éviter qu'ils soient trop nombreux dans les mosquées. "On va demander aux gens très âgés de na pas venir, on va essayer de négocier de manière pédagogique", explique Tarek Oubrou. Pour réguler les flux, Mgr Leborgne explique lui qu'il y aura "une capacité maximale", voire "dans certains lieux, il est possible qu’on multiplie les messes".