Cet article date de plus de deux ans.

"On a décidé de mettre en place des battles de cuisine" : les astuces de confinement des enseignants de lycées professionnels

Avec près de la moitié de l'enseignement consacré aux travaux pratiques, les lycées professionnels ne peuvent pas assurer tous leurs cours à distance. Mais certains professeurs trouvent des solutions pour ne pas laisser leurs élèves sans activité. 

Article rédigé par
Radio France
Publié
Temps de lecture : 3 min.
Durant le confinement, les élèves des lycées professionnels, comme ceux du lycée Robert Wlérick à Mont-de-Marsan (Landes), ne peuvent pas suivre la partie pratique de leur enseignement.  (LE LIEVRE NICOLAS / MAXPPP)

L’enseignement à distance n'est jamais facile, mais c'est encore plus vrai dans les lycées professionnels. D’abord parce qu’il y a un certain nombre de décrocheurs parmi les élèves, mais surtout parce qu'il est compliqué pour les professeurs de reproduire, à distance, les ateliers et les moments d’activités pratiques qui représentent jusqu’à la moitié de l’enseignement dans ces établissements. Certains tentent tout de même le coup et rivalisent d’inventivité depuis le début du confinement.

>> Coronavirus : suivez les conséquences de crise sanitaire du Covid-19 dans notre direct

Évidemment, en chaudronnerie, en plomberie ou en plasturgie, quand il faut des machines, impossible de faire pratiquer les élèves en ce moment. Mais pour quelques autres spécialités, les professeurs de la voie professionnelle n’ont pas renoncé à leurs heures d’atelier. Avant la fermeture de son lycée, Céline Bonneau, professeure de coiffure à Hendaye (Pyrénées-Atlantiques), a demandé à ses élèves de partir avec leur équipement. Depuis, les cours se font bien à distance.

Tout d'abord, "on envoie un visuel", explique l'enseignante. "Par exemple, lorsque c'est la réalisation d'un brushing, on envoie une coiffure qui est déjà toute faite. L'élève, à partir de cette image, crée le protocole pour faire la même chose". Ensuite, pour la réalisation, c'est avec les moyens du bord ! "Il la fait sur sa tête malléable, c'est comme une poupée mais juste la tête avec des cheveux dessus. Pour remplacer les produits qu'on utilise quand on est en salon d'application et qu'on applique une coloration, on a demandé aux élèves de chercher dans leur domicile des crèmes cosmétiques comme de la crème pour les mains, de la crème solaire périmée, des choses comme ça", explique-t-elle.

Les réseaux sociaux à la rescousse

Il n'y a pas que la coiffure qui a élu domicile dans le foyer des élèves. Du côté de l'hôtellerie, les lycéens sont privés de leurs fourneaux d'application, mais là aussi, certains professeurs se sont adaptés. "On a décidé de mettre en place des battles de cuisine" sur des thèmes bien précis, explique Charlotte Lavige, professeure de cuisine dans un lycée hôtelier près de Pau (Pyrénées-Atlantiques). Ensuite, les élèves prennent une photo de leur réalisation que l'enseignante publie sur Instagram. 

Deux fois par semaine, je donne un thème, ça peut être les volailles, les fruits et légumes, et les élèves peuvent réaliser une production culinaire autour de ce thème.

Charlotte Lavigne, professeure de cuisine

à franceinfo

Des challenges sur les réseaux sociaux, c’est aussi l’idée de Loïc Mathis, professeur de service en restaurant en Seine-Saint-Denis. Depuis trois semaines, il organise un concours à distance avec jurys de professionnels pour tous les élèves de son lycée : "J'ai voulu les mettre en activité sur une décoration de table au sein de leur maison. Donc ils ont dressé des tables pour deux personnes avec leurs assiettes, leurs couverts, leurs verres, ça leur permet de revoir des choses." À partir des photos envoyées par ses élèves de CAP, "il a fallu que je fasse des réglages, raconte l'enseignant, parce que les couverts n'étaient pas dans le bon sens, mais gentiment en leur disant : 'Est-ce que tu peux me refaire une photo, changer les couverts de place, tu as oublié de mettre une tasse'".

Quand on a lancé ça, je me suis dit si on avait une dizaine de propositions ce serait déjà pas mal. Finalement on a avoisiné 20-25 propositions de tables !

Loïc Mathis, professeur de service en restaurant

à franceinfo

Un concours pour ne pas perdre la main, et surtout maintenir le lien avec des jeunes parfois très éloignés du système scolaire.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Covid-19

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.