"Nous ne pouvons plus sortir du territoire" : des régions au sud de Milan isolées pour cause de Covid-19

Les cas de coronavirus se multiplient en Italie. 152 malades selon un dernier bilan, quatre morts. Le nord du pays est le plus touché et les autorités ont pris des mesures d'isolement pour stopper la propagation.

Une habitante de Casalpusterlengo au sud de Milan. la ville a été mise à l\'isolement pour cause de multiplication de cas de coronavirus Covid-19.
Une habitante de Casalpusterlengo au sud de Milan. la ville a été mise à l'isolement pour cause de multiplication de cas de coronavirus Covid-19. (MIGUEL MEDINA / AFP)

Carabiniers, pompiers, police nationale... Il a fallu s'organiser pour mettre en place le périmètre de sécurité mais désormais les contrôles à l'entrée et à la sortie des zones confinées seront systématiques. Au sud de Milan, onze villes ont été isolées pour cause de coronavirus Covid-19 et la vie semble s'être arrêtée pour les habitants. Plus de manifestations sportives ou culturelles. Les écoles les universités, les lieux publics sont fermés du Piémont en passant par la Lombardie, l'Émilie Romagne jusqu'au Frioul-Vénétie julienne, à la frontière autrichienne. Venise a également dû renoncer à son carnaval. Le bilan est pour l'heure de 152 malades et quatre morts en Italie, pays européen le plus touché par l'épidémie.  

>> Covid-19 : suivez notre direct sur la situation en Italie.

Piero vit à Casalpusterlengo en Lombardie. Il prend très au sérieux cette mesure de confinement : "Nous ne pouvons plus sortir du territoire. Tout est bloqué donc maintenant, impossible de sortir de Casal."   

Si tu es pris tu dois payer une amende de 600 euros et tu es poursuivi.Piero, un habitant de Casalpusterlengo à franceinfo

Pas de décret obligeant à porter un masque 

Piero porte un masque, il pense que cela le protège, comme Oriana. Elle est infirmière à l'hôpital de Lodi qui n'est pas dans la zone rouge et regarde d'un mauvais oeil ceux qui n'en portent pas. "C'est plus risqué !", lance Oriana. Mais il n'y a pas d'ordonnance ou de décret qui oblige à porter un masque. À chacun de choisir. Et puis il y aussi un problème ici : les masques sont épuisés ! On n'en trouve plus dans les pharmacies."  

Même dans les hôpitaux de la zone rouge, on manque de masques. Mario est retraité. Lui n'a pas pu en trouver et s'inquiète de l'état de l'hôpital de Casalpusterlengo. "Les visites médicales et les tests n'ont pas été faits à tout le personnel, pointe-t-il. Parmi les personnes qui travaillent à l'hôpital, toutes n'ont pas pu être contrôlées."  

Un hôpital a fermé à Codogno, le personnel contaminé  

À cinq kilomètres de là, à Codogno où le premier cas de coronavirus a été détecté, l'hôpital a fermé. Plusieurs soignants sont en effet contaminés. Andrea vit à Codogno et son frère travaille dans l'entreprise où le premier malade a été identifié. "Dans l'entreprise où il y avait ce garçon, des tests ont été faits sur tout le monde, raconte Andrea. Ils ont fait 170 tests, d'abord là où il travaillait, dans un bureau de recherche. Mais mon frère a aussi fait le test même s'il n'a jamais vu le garçon puisqu'il travaille dans un autre service. Maintenant il attend les résultats."  

S'il ne connaît pas les résultats, son frère n'avait pas de symptômes alors qu'Andrea lui a vraiment été malade. Il n'a pas fait de test car il se sent mieux. "J'ai été malade, j'avais de la fièvre mais elle est déjà passée, affirme-t-il.

Je n'ai plus aucun symptôme, ni rhume ni toux. Je l'ai signalé et on m'a dit qu'on allait transmettre mon nom au bureau des urgences au cas où ils voudraient venir faire un test, si c'est nécessaire.Andrea, un habitant de Codognoà franceinfo

Et pour l'instant Andrea ne retournera pas travailler, il est confiné chez lui au moins toute la semaine, il pense même davantage. 

Covid-19 : reportage dans la zone rouge italienne du correspondant de franceinfo, Bruce de Galzain.
--'--
--'--