Municipales : organiser le second tour en juin reviendrait à "retirer le droit de voter" aux personnes âgées, s'inquiète une députée LREM

Olga Givernet, députée La République en Marche de l’Ain, a cosigné une lettre au président Emmanuel Macron pour lui demander de repousser le scrutin.

Olga Givernet dans la salle des quatre colonnes à l\'Assemblée nationale, le 4 février 2020.
Olga Givernet dans la salle des quatre colonnes à l'Assemblée nationale, le 4 février 2020. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Alors que le gouvernement envisage d’organiser le second tour des élections municipales le 28 juin, la députée La République en Marche de l’Ain Olga Givernet estime, jeudi 21 mai sur franceinfo, que ce serait "retirer le droit de voter" aux personnes âgées ou "les mettre dans une situation compliquée", car il est encore impossible de savoir où en sera la propagation de la pandémie de coronavirus, alors qu’une deuxième vague est encore crainte. Avec une vingtaine d’élus LREM, elle a signé une lettre au président Emmanuel Macron pour lui demander de repousser le scrutin.

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Olga Givernet pense que l’organisation de ce scrutin en juin est un "risque" et que "nous ne pouvons pas nous permettre d’avoir un autre cafouillage, une autre incertitude". "D’autant que "nous connaissons également les risques qui sont portés sur une certaine partie de la population à qui nous demandons quand même de rester confinée, même s'il n'y a pas d'obligation, notamment quant aux personnes âgées, et ce serait leur retirer le droit de voter ou en tout cas les mettre dans une situation compliquée de devoir faire des procurations ou des démarches."

Ne pas reproduire "les mauvais effets" du premier tour des municipales le 15 mars

La députée a donc signé cette lettre pour "alerter le président des risques de reproduire les mauvais effets du 15 mars, donc du premier tour des élections. On était en situation dégradée. On a pu observer un taux d'abstention important avec des risques de contamination. Aujourd'hui, on est toujours sous la menace d'une seconde vague et donc, à un mois de l'échéance, ce qui paraît encore loin, nous avons peu de visibilité sur quel sera le contexte", explique-t-elle. 

S'il y a des risques de seconde vague, une augmentation de la circulation du virus et des doutes qui arrivent encore à deux jours du scrutin, je trouve que ce ne sont pas des circonstances propices à faire s'exprimer la démocratie.Olga Givernet, députée LREMsur franceinfo

Même s’il y a aura probablement toujours des risques de contamination à l’automne si aucun traitement ni vaccin ne sont trouvés, l’élue LREM estime qu'on aura "un peu de recul sur le risque d'avoir une deuxième vague". "Est-ce qu’elle sera passée ? continue la députée, ou on aura réussi à mettre en place des dispositifs qui font que nous continuons à vivre de plus en plus normalement avec le virus. Ça nous laissera plus de recul sur notre capacité, notamment à rouvrir les lieux de vie collective, qui sont aujourd'hui toujours fermés."

Il faut qu'il y ait un "consensus"

Par ailleurs, si les élections se tiennent en juin, "nous estimons que le temps de campagne ne permet pas de porter un projet auprès de la population puisque, même si nous parlons de numérique, tout le monde n'a pas accès à ces outils numériques", déclare-t-elle. Alors la députée de l’Ain estime qu’il y a "une possibilité de prolonger les équipes, peut-être à la marge, installer les conseils municipaux qui sont déjà élus et puis ceux qui sont à deux doigts d'être élus, notamment dans les petites communes, où il reste qu'un seul candidat à élire, on peut peut-être faire des aménagements."

En plus, selon elle, "à un mois du scrutin, si nous gardons la date du 28 juin, je pense que ça va être compliqué de mettre en place le système et d'informer la population de la procédure pour pouvoir faire ce vote à distance", même si "toutes les possibilités sont étudiées". "Tout le monde a son point de vue. Nous remontons les inquiétudes du terrain. Il y a d'autres contraintes et évidemment, prendre en compte l'avis de tout le monde et la concertation. Je pense qu'il doit y avoir consensus", conclut Olga Givernet tout en assurant qu’elle respectera la décision qui sera prise.