CARTE. Coronavirus : quelles sont les villes qui imposent le port du masque dans les rues ou sur les marchés ?

Dans plusieurs communes touristiques du littoral, les habitants et visiteurs doivent porter un masque même en plein air, dans les endroits les plus fréquentés, pour lutter contre l'épidémie de Covid-19.

Interdiction de se promener le nez au vent. Dans plus d'une centaine de villes du littoral français, de Brest (Finistère) à Cannes (Alpes-Maritimes), en passant par La Rochelle (Charente-Maritime), Le Grau-du-Roi (Gard) et Cilaos (La Réunion), habitants et visiteurs ont l'obligation de porter un masque sanitaire dans les rues et/ou les marchés en plein air, pour freiner la propagation du coronavirus.

Nous avons répertorié, dans la carte ci-dessous, les villes où le port du masque est obligatoire sur les marchés de plein air (en vert), celles où il est obligatoire dans une partie des rues (en jaune) et celles où il est obligatoire dans toutes les rues (en bleu).

A La Rochelle, le maire (DVG) Jean-François Fountaine a pris un arrêté municipal rendant obligatoire "le port d'un dispositif de protection nasale et buccale". Le masque est obligatoire à partir de 11 ans, mais "les personnes qui ont des difficultés respiratoires sont évidemment exonérées" et il y a "une tolérance" pour ceux qui se déplacent à vélo. Le Vieux-Port, le marché, la place de l'Hôtel de Ville, "tous les endroits les plus fréquentés par les touristes, sont concernés par cette obligation". "A partir du moment où c'est obligatoire pour entrer dans un magasin, les bars et les restaurants, c'est assez logique qu'on l'ait juste avant", souligne à franceinfo Jean-François Fountaine, qui note que la population y est plutôt favorable.

Aucun foyer épidémique actif n'est recensé en Charente-Maritime mais selon l'Agence régionale de santé (ARS), l'évolution du Covid-19 était "inquiétante" en Nouvelle-Aquitaine. Jusqu'ici très épargnée par le virus, cette région touristique connaît chaque été un brassage de population important.

Masque obligatoire dans les rues de Concarneau

A Argelès-sur-mer (Pyrénées-Orientales), le maire Antoine Parra (SE) a rendu, mardi 21 juillet, le masque obligatoire jusqu'au 31 août, dans les allées piétonnes du centre-plage et les marchés. "Le rôle de maire est de savoir prendre les décisions qui s'imposent, même si elles contrarient", a-t-il indiqué à franceinfo, précisant que l'amende en cas de non-respect de la mesure se portait à 38 euros. Malgré tout, s'il y a un peu moins de touristes que ces deux dernières années, "de l'ordre de 10 à 15% en moins", en ce mois de juillet, la fréquentation reste importante à Argelès-sur-Mer, surnommée la "capitale européenne du camping".

En Bretagne, à Concarneau (Finistère), le port du masque est également obligatoire depuis mardi, de 10 heures à 22 heures, dans l'ensemble des rues de la ville-close, sur les remparts, le Petit Château, la place Saint-Guénolé et le Carré des Larrons. Cette obligation est en vigueur à partir de 11 ans et jusqu'à nouvel ordre, selon cette fois l'arrêté du maire, Marc Bigot (DVD). En outre, un arrêté préfectoral, pris en concertation avec les édiles, oblige les habitants et visiteurs de 32 autres communes du département à porter un masque, dans les marchés de plein air, alimentaires ou non.

"Un maire n'est ni un médecin, ni un shérif"

A Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor), le port du masque est obligatoire depuis lundi mais uniquement en cas de regroupement de personnes. Il ne s'applique ainsi pas à une personne marchant seule dans la rue. L'arrêté municipal, qui ne prévoit aucune amende, concerne un large périmètre du centre ainsi que des sites "très fréquentés" de la ville et "toute manifestation à caractère culturel, festif ou sportif organisée sur l'espace public et regroupant plus de 10 personnes".

Dans ce département, un arrêté préfectoral rend obligatoire le port du masque dans les marchés non couverts pour 72 communes littorales ou estuariennes. Parmi elles, Plérin, où un cluster (foyer de contamination) a été identifié, mais aussi Langueux, Trégueux, Yffiniac et Ploufragan.

En Bretagne, "dans cette période de transhumance estivale, il y a une concentration de population", souligne Agnès Le Brun, vice-présidente et porte-parole de l'Association des maires de France (AMF), qui rappelle qu'un maire "peut majorer, mais pas minorer" un arrêté préfectoral. "Un maire n'est ni un médecin, ni un shérif, assure-t-elle sur franceinfo. Il cherche juste à protéger sa population, qu'elle soit la population de tous les jours ou qu'elle soit la population estivale."