Avec ou sans masque ? Au collège et au lycée, la photo de classe par temps de Covid-19 vire au casse-tête

Dans ces établissements où le port du masque est obligatoire, certains optent pour des solutions permettant à chaque élève de se découvrir le visage.

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France Télévisions
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Des élèves posent masqués pour leur photo de classe, le 1er septembre 2020, au collège Kennedy de Mulhouse (Haut-Rhin). (MAXPPP)

Réaliser un montage de photos individuelles, enlever le masque quelques secondes avant le "clic" ou tout simplement le garder ? L'organisation de la traditionnelle photo de classe est chamboulée cette année par les règles sanitaires du Covid-19 au collège et au lycée, où le port du masque est obligatoire.

"Chaque collège ou lycée est libre de son choix, il n'y a pas de directives nationales, donc on suit ce que nous demandent les chefs d'établissement", explique Karl Gérin, photographe et gérant de la société La Photo scolaire. La semaine dernière, un collège lui a demandé de faire la photo de classe avec tous les élèves masqués. "C'est sincèrement un peu étrange mais bon, nous respectons leur choix", confie-t-il, se demandant si "dans les faits, les familles vont réellement acheter cette photo bizarre".

A contrario, si un établissement lui demande une photo de groupe sans masques, "c'est entièrement sous la responsabilité du collège ou du lycée", précise-t-il. Selon lui, la solution la plus simple en ces temps perturbés reste "le photomontage trombinoscope". "Les élèves entrent un par un dans une pièce ouverte et aérée. Ils enlèvent leur masque le temps de la photo et leurs portraits sont ensuite rassemblés pour ne former qu'une seule photo", décrit Karl Gérin.

"Nous refusons la photo de groupe sans masques"

Stéphane Huguet, président du groupe Tourte et Petitin, spécialiste de la photographie scolaire, dit "s'adapter à presque toutes les demandes. Mais nous refusons de faire la photo de groupe sans masques, c'est trop compliqué au niveau sanitaire, on ne prend pas de risques", assume-t-il.

On peut aussi se dire qu'une photo de classe avec le masque, c'est un souvenir, un marqueur d'une époque. Quand les élèves la regarderont dans 20 ans, ils se souviendront que c'était la sale époque du Covid.

Stéphane Huguet, président d'une société de photographie scolaire

à l'AFP

Pour Christel Boury, chef d'établissement à Paris, "la photo de groupe avec les masques n'a pas de sens". "Ici, on est en zone rouge donc on joue la protection XXL et on opte pour le photomontage. Ce que les enfants attendent de la photo de classe, c'est d'y voir les élèves avec qui ils sont, sinon c'est sans intérêt", lance cette membre du principal syndicat des chefs d'établissement, le SNPDEN.

"J'ai découvert le bas du visage de certains élèves"

Stella, collégienne en 5e dans les Côtes-d'Armor est, elle, ravie d'avoir fait sa photo de classe en extérieur et sans masque, la semaine dernière. "On s'est placés à une certaine distance les uns des autres, et quand le photographe nous a fait signe, on a tous retiré nos masques, les mettant comme on pouvait derrière nous. C'était donc très simple", raconte l'élève de 12 ans.

"Ce qui est très drôle, c'est qu'à ce moment-là, j'ai découvert le bas du visage de certains élèves de ma classe, s'amuse la collégienne. On est nombreux et nous n'avons quasiment jamais l'occasion d'enlever nos masques au sein du collège, à part à la cantine et en sport, c'est pas souvent."

Dans d'autres établissements, il n'y a tout simplement pas de photo de classe en groupe prévue en cette rentrée. "On a repoussé tout ça au printemps, en espérant que d'ici là les conditions sanitaires seront meilleures", témoigne Audrey Chanonat, principale adjointe d'un collège à La Rochelle et membre du SNPDEN.

Quand bien même on ne pourrait pas la faire du tout, une année sans photo de classe, ce ne serait pas dramatique.

Audrey Chanonat, principale adjointe d'un collège

à l'AFP

Ce n'est pas l'avis de Christel Boury, pour qui "il est impensable" d'envisager de ne pas faire de photo de groupe cette année. "Dans les photos de classe de mon établissement, il ne manque pas une seule année depuis 1913, ça ne va pas commencer en 2020", sourit-elle.

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