La France généralise le rétro-tracing, nouvelle arme efficace de lutte contre le Covid-19

À partir du 1er juillet 2021, tous les départements se mettent au rétro-tracing, une méthode d'enquête consistant à retrouver la personne qui vous a contaminé. Elle permet d'identifier davantage de cas contacts que le tracing traditionnel. 

Article rédigé par
Boris Hallier - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Téléconseillère à la CPAM de Loire-Atlantique, Gaëlle remonte les chaînes de contamination pour trouver qui a contaminé les personnes testées positives au Covid-19. (BORIS HALLIER / RADIO FRANCE)

Depuis 2020, nous connaissons le tracing des cas contacts des personnes testées positives au coronavirus. Quand vous étiez positif au Covid-19, on cherchait jusqu'à présent à savoir qui vous aviez pu contaminer. Avec le rétro-tracing, il s'agit de retrouver la personne qui vous a contaminé. Les agents de l'Assurance maladie mènent une enquête sanitaire approfondie, pour remonter encore plus loin les chaînes de contamination. 

À partir du 1er juillet 2021, le rétro-tracing est généralisé à l'ensemble des départements français, après avoir été testé pendant trois mois en Côte d'Or et en Loire-Atlantique. Il est déjà mené dans une soixantaine de départements depuis le 15 juin. 

À Nantes, un casque sur les oreilles, des notes sous les yeux, en quelques mois, Gaëlle, téléconseillère à la caisse primaire d'Assurance maladie (CPAM), est ainsi devenue une experte de l'enquête sanitaire. Au téléphone avec la mère d'une enfant atteinte du Covid-19, elle lui demande si, durant sa période d'isolement, elle a été en contact avec d'autres personnes, a joué avec d'autres enfants. 

Remonter loin la chaîne de contamination

Jusque-là, Gaëlle tentait d'identifier les contacts des personnes symptomatiques, en remontant 48 heures avant le test Covid. Désormais, elle peut aller plus loin, comme l'explique Virginie Etourneau, qui supervise le service de contact tracing à la CPAM de Loire-Atlantique. "Une fois que vous avez terminé votre tracing classique, vous posez la question : 'Monsieur, Madame, nous allons remonter jusqu'à dix jours pour savoir si vous avez pris un apéritif avec des voisins, rencontré des amis.'"

Et cela crée souvent un déclic chez les interlocuteurs. "Ils nous disent : 'Ah oui, c'est vrai ! Je suis allé l'autre fois rapporter quelque chose à mon voisin et il y avait toute sa famille rassemblée'. Donc là, effectivement, le traceur va se dire : 'Ah, possiblement il y avait une personne qui était contagieuse et qui vous a contaminé'."

"On pousse les questions assez loin. Parfois, ça peut prendre plusieurs heures s'il faut remonter la chaîne de contamination qui peut être assez longue

Gaëlle, téléconseillère à la CPAM de Loire-Atlantique

à franceinfo

Repérer davantage de cas contact

Si la France peut généraliser le rétro-tracing, c'est parce que le nombre de cas de Covid a diminué. À Nantes, les agents de l'Assurance maladie ne reçoivent plus qu'une centaine d'appels par jour, contre près de 2 000 au pic de la troisième vague, entre fin mars et début avril 2021. Ils ont donc le temps de poser davantage de questions. "On passe à un tamis plus large et plus fin pour repérer davantage de cas contact à risque de contamination. De fait, les résultats sont là !" constate le sous-directeur à la CPAM de Loire-Atlantique.

"Avec le tracing classique, en moyenne, on identifie 2-3 cas contacts par patient positif. Avec le rétro-tracing, c'est 11 à 12 !"

Thomas Bouvier, sous-directeur à la CPAM de Loire-Atlantique

à franceinfo

Pour l'Assurance maladie, ce dispositif est également censé renforcer la recherche des variants

Le rétro-tracing généralisé : reportage de Boris Hallier
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