INFOGRAPHIES. Coronavirus : on vous décrypte l'ampleur du chômage partiel en France depuis le début du confinement

Ce dispositif de l'Etat concerne désormais 10,2 millions de salariés français, d'après la ministre du Travail. Un niveau inédit.

Il s'agit d'un chiffre "considérable", assure Muriel PénicaudEnviron 10,2 millions de salariés sont au chômage partiel, a annoncé la ministre du Travail, mercredi 22 avril, sur BFM BusinessSoit plus d'un salarié du secteur privé sur deux.

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En pleine épidémie de coronavirus, le dispositif permet à un salarié de toucher 70% de son salaire brut (soit environ 84% du salaire net). Son recours continue à augmenter "jour après jour", a précisé la ministre du Travail.

Un bond depuis le début du confinement

Au premier jour du confinement, le 17 mars, ils étaient 255 890 salariés à bénéficier du dispositif. Ils sont désormais près de 40 fois plus. "C'est considérable, on n'a jamais fait ça dans notre pays", a constaté Muriel Pénicaud. Au 21 avril, l'activité partielle concernait 821 000 entreprises, soit plus de 60%, selon les données de la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares).

Des secteurs plus touchés que d'autres

La crise du Covid-19 a mis un coup d'arrêt à de nombreux secteurs professionnels. Le commerce, l'hôtellerie, la restauration, le bâtiment et les activités de services spécialisés (activités juridiques et comptables, location de véhicules, centres d'appels...) sont les quatre secteurs qui concentrent le plus de demandes, selon la Dares. Ils regroupent à eux seuls 64% de l'ensemble des demandes de chômage partiel depuis le 1er mars. 

Au sein de l'hôtellerie et de la restauration, neuf salariés sur dix sont au chômage partiel. Dans le secteur du bâtiment, 93% des salariés bénéficient du dispositif, a détaillé Muriel Pénicaud.

Les demandes en majorité dans les PME

Les petites et moyennes entreprises sont également très touchées, puisque 57% des salariés faisant l’objet d’une demande d’activité partielle travaillent dans des établissements de moins de 50 salariés. "Ces établissements représentent 51% de l'emploi salarié", précise la Dares. A l'inverse, ceux qui travaillent dans des établissements de plus de 250 salariés représentent 17% des salariés en activité partielle, alors que ces établissements recouvrent 20% de l’emploi salarié privé.

Des disparités territoriales

Sans surprise, le recours au chômage partiel n'est pas uniformément réparti au sein de l'Hexagone, car certaines régions hébergent une grande partie des entreprises françaises. En tête, l'Ile-de-France concentre la majorité des demandes d'activité partielle avec 212 727 dossiers déposés depuis le 1er mars. Vient ensuite la région Auvergne-Rhône-Alpes avec 135 582 demandes. Ces deux régions, les plus peuplées de France, cumulent 33% des demandes déposées sur le territoire national, au 21 avril.

A l'inverse, la Corse (8 670 dossiers) et le Centre-Val de Loire (34 584 dossiers) sont les régions qui ont concentré le moins de demandes. Le chiffre des demandes en Corse ne représente que 4% de celui relevé en Ile-de-France, mais, à titre de comparaison, le nombre d'entreprises en Corse ne représente que 3% de celui en Ile-de-France.