VIDEO. "Il s’agit surtout de rassurer" : en Espagne, l’armée déployée pour désinfecter les maisons de retraites

Les unités militaires d’urgence espagnoles sont chargées de désinfecter les lieux de passages, comme les métros ou les gares et, désormais, les maisons de retraite, où vivent les potentielles premières victimes du virus.

La UME (Unidad Militar de Emergencias) désinfecte la maison de retraite Nuestra Senora del Rosario, à Torrejon de Ardoz, à une vingtaine de kilomètres de Madrid.
La UME (Unidad Militar de Emergencias) désinfecte la maison de retraite Nuestra Senora del Rosario, à Torrejon de Ardoz, à une vingtaine de kilomètres de Madrid. (MARIE-PIERRE VÉROT / REDACTION INTERNATIONALE / RADIO FRANCE)

Masques, gants, lunettes de protection, bidons de désinfectant : drôle d’équipement pour une armée. Le peloton du brigadier Felipe Perez Vicente est paré, en route pour désinfecter la résidence Notre-Dame du Rosaire, dans la banlieue madrilène. Avec pour mission de protéger les anciens, les personnes les plus à risque.

MARIE-PIERRE VEROT / RADIO FRANCE

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Familières des situations complexes et pressantes, les unités militaires d’urgence espagnoles n’avaient pour autant jamais affronté une crise telle que celle de l’épidémie de Covid-19, qui s’est répandue dans le pays ces dernières semaines. Déployées dans les villes pour désinfecter les lieux de passage comme les gares ou les métros, elles entament désormais une mission particulièrement sensible : désinfecter les maisons de retraites.

Salon de lecture, réfectoire, bureau du médecin : chaque interrupteur, plinthe, poignée de porte, accoudoir, est désinfecté. "Nous désinfectons les zones de passage des personnes âgées, indique le brigadier Perez Vicente. Il y a beaucoup de mouvement ici : les gens vont d’un étage à l’autre, ce sont des personnes qui n’aiment pas rester seules et rester isolées dans leurs chambres." "Ce que nous désinfectons, poursuit le militaire, ce sont leurs zones de vie, pour que le virus ne se balade pas d’un endroit à l’autre.

Ici, c’est un établissement classé jaune : cela veut dire qu’il n’y a pas de cas confirmés. On nous a dit que certains avaient de la fièvre, mais on ne sait pas si c’est un rhume ou le Covid-19.brigadier Perez Vicenteà franceinfo

C’est bien là le problème : le pays manque de matériel, de personnels et de tests. La polémique enfle en Espagne, après la mort de dizaines de personnes âgées abandonnées dans des maisons de retraite. La médecin de l’établissement confie son désarroi : "La situation est compliquée, comme partout, indique-t-elle. Nous sommes inquiets devant chaque cas suspect, même si les symptômes sont légers. Mais il faut faire avec…"

L'armée ne peut pas être sur tous les fronts

Le brigadier Perez Vicente reconnaît que ces opérations visent surtout à apaiser les pensionnaires et leurs familles après la polémique. Les personnels d’entretien prendront le relais ensuite. Impossible pour l’armée d’être sur tous les fronts : "ll y a beaucoup de maisons de retraite, et nous ne pouvons pas revenir toujours dans les mêmes, avertit le militaire. Il s’agit surtout de rassurer les résidents à cause du coronavirus mais il faudra être patient !" Le combat ne fait que commencer : "Nous le mènerons tous ensemble et nous vaincrons !", assure-t-il.

Le reportage en Espagne de Marie-Pierre Vérot
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