Gestion du Covid-19 : "L'État est toujours mieux inspiré quand il s'adresse aux collectivités territoriales pour agir", assure Florence Portelli

La vice-présidente de la région Île-de-France regrette également que "les ministres aient des interventions complètement contradictoires d'une semaine à l'autre" à propos de l'épidémie de Covid-19.

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Radio France
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Florence Portelli, en décembre 2017. (JEROME FOUQUET / MAXPPP)

"Avoir une réponse régionalisée", face à l'épidémie de Covid-19, "c'est ce qu'on demandait, maintenant, c'est le cas", s'est félicitée Florence Portellli lundi 15 mars sur franceinfo. La vice-présidente de la région Île-de-France et du mouvement Libres ! réagissait aux propos d'Emmanuel Macron, qui a appelé à regarder "la réalité de l’épidémie, ville par ville, territoire par territoire".

franceinfo : Comment accueillez-vous cette déclaration du chef de l'État, qui explique qu'il faut prendre en compte la réalité de l'épidémie ville par ville, territoire par territoire ?

Florence Portellli : C'est ce qu'on demande depuis le début, c'est évidemment que s'il y a des mesures fermes à prendre, il faut qu'elles soient vraiment justifiées, qu'on justifie ça par rapport à la situation, qu'il n'y ait pas d'autres choix, qu'on ait mis tous les moyens en œuvre pour éviter ça. Et si, évidemment, c'est justifié et que la réponse est proportionnée, on ne peut pas s'opposer aux mesures qui seront prises. Parce que c'est une question, évidemment, de santé publique et de solidarité aussi par rapport à nos concitoyens qui peuvent souffrir aussi d'autres maladies que du Covid-19 et qui n'ont plus de lits à l'hôpital.

Avoir une réponse régionalisée, c'est ce qu'on demandait. Maintenant, c'est le cas. Je rappelle à l'État qu'il est toujours mieux inspiré quand il s'adresse aux collectivités territoriales pour agir. Il ne le fait pas dans tous les domaines, mais là, pour le moment, il le fait, en tout cas, dans le domaine sanitaire depuis peu de temps, et ça, franchement, on ne peut que s'en réjouir. Après, nous sommes extrêmement inquiets. Évidemment, par rapport à la campagne de vaccination qui prend du retard, qui est mal organisée et sur les couacs de communication. Parce que pour que les gens acceptent de se faire vacciner ou pour que les gens soient rassurés, il faudrait déjà que les ministres n'aient pas des interventions complètement contradictoires d'une semaine à l'autre.

À quel niveau notamment, avez-vous des exemples ?

Quand vous avez, par exemple, le porte-parole du gouvernement et même le Premier ministre qui vous expliquent qu'à la mi-avril, tout ira très bien et qu'on commencera à reprendre une vie normale, s'ils ne sont pas sûrs d'eux. Il faudrait qu'ils arrêtent de dire des âneries comme ça dans des médias. Parce que pour les gens, ce qui est inquiétant, ce n'est pas simplement la situation, c'est de ne pas savoir où on va, parce qu'on a l'impression qu'on navigue à vue. Il ne faut absolument pas donner cette impression-là. Et pour cela, il faut avoir une communication qui soit claire et avoir des femmes et des hommes politiques qui soient un peu plus experts là-dedans. Parce que franchement, là-dessus, ils ne sont pas très bons.

Que dites-vous de la situation en Île-de-France ? Peut-on envisager un reconfinement dans certains départements d'Île-de-France et pas dans d'autres ?

Sincèrement, je ne le crois pas. Vous savez, l'Île-de-France est une région où l'on circule à travers les départements, ne serait-ce que par le réseau de transport. Et quand on voit justement la mobilité qu'il y a au niveau du travail en Île-de-France, ce serait complètement illusoire de croire qu'on pourrait confiner des départements et pas d'autres. Donc, je pense que la réponse ne peut être prise qu'à l'échelle régionale. Et pour trancher, il faut regarder, évidemment, la capacité hospitalière. Il faudrait aussi que les gens se responsabilisent quand même davantage, parce que moi, je prends les transports en commun, et je peux vous dire que tout le monde ne télétravaille pas. Donc, il y a un relâchement du côté du télétravail. Il faut évidemment aussi qu'il y ait un cap, parce que je crois que les gens sans cap, au bout d'un moment, vont craquer, ne vont pas tenir. Et puis, il faut éviter, à mon avis, un confinement total comme celui que nous avons connu la première fois. Il y a des gens qui vivent dans des cages à poules, qui vivent dans des logements sociaux très exigus, ou dans des appartements petits. Il ne faut pas non plus que ces gens-là, qui n'ont pas la chance d'avoir des pavillons et des jardins, deviennent complètement dépressifs.

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