Faut-il porter un masque pour se protéger du coronavirus ?

A Wuhan, où la maladie a émergé le mois dernier, les autorités ont obligé les habitants à porter un masque couvrant le nez et la bouche dans les lieux publics. Le plus efficace reste de se laver régulièrement et soigneusement les mains.

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Des voyageurs portent des masques de protection à leur arrivée à l'aéroport international de Los Angeles, en Californie, mercredi 22 janvier 2020. (MARK RALSTON / AFP)

Comment se protéger efficacement du nouveau virus 2019-nCoV ? La question préoccupe les autorités de santé du monde entier, démunies face à ce coronavirus encore mal connu, et dont le bilan, vendredi 24 janvier, s'élève à 830 cas et 26 morts. A Wuhan, huitième ville de Chine, où la maladie a émergé en décembre, les habitants sont obligés de porter un masque couvrant le nez et la bouche dans les lieux publics, rapporte CNN (article en anglais). Si aucun cas douteux n'a pour l'heure été détecté en France, plusieurs pharmacies de l'Hexagone assurent avoir vendu ces derniers jours bien plus de masques chirurgicaux qu'à l'accoutumée, selon les Dernières nouvelles d'Alsace.

Ces dispositifs sont-ils efficaces pour se prémunir d'une infection ? Franceinfo récapitule.

Les masques chirurgicaux peuvent-ils être efficaces ?

Les autorités pensent que ces masques peuvent aider les malades à limiter la transmission du coronavirus. L'Organisation mondiale de la santé recommande ainsi (lien en anglais) de se couvrir la bouche et le nez en cas de toux et d'éternuements, afin de prévenir la propagation de l'infection. En France, le ministère des Affaires étrangères invite les voyageurs ayant visité l'Asie et qui doivent entrer en contact avec d'autres personnes à porter un masque chirurgical "en cas de symptômes d'infection respiratoire (fièvre, toux, difficultés respiratoires)". Une recommandation qui s'explique par le fait que la pneumonie à coronavirus 2019-nCoV "se transmet par les postillons (éternuements, toux)", comme le rappelle le ministère de la Santé.

Interrogée par le HuffPost, Sandrine Belouzard, chercheuse au CNRS qui officie au Centre d'infection et d'immunité de Lille estime que "porter un masque joue un rôle de barrière évident", surtout pour éviter "l'excrétion [c'est-à-dire le rejet hors de l'organisme] de virus". Cette spécialiste prévient toutefois que les masques chirurgicaux ne peuvent "pas être 100% efficace". N'étant pas scellés au visage (et c'est heureux) ces masques laissent en effet des espaces autour de la bouche, et ne permettent pas de filtrer l'intégralité de l'air inspiré et expiré.

Dans quels cas sont-ils inutiles (voire pire) ?

Inutile en revanche de vous équiper si vous êtes en pleine forme, assure le ministère de la Santé. Sur son site internet, le ministère indique "que le port de ce type de masque par la population non malade afin d'éviter d'attraper la maladie n'est pas recommandé", et que "son efficacité n'est pas démontrée".

Ces accessoires pourraient même s'avérer contre-productifs. "Nous nous inquiétons du fait que les gens aient l'impression d'être mieux protégés par le masque qu'ils ne le sont réellement", insiste auprès du New York Times Julie Vaishampayan, médecin et présidente du Comité de santé publique de la Société américaine des maladies infectieuses. Ainsi, "la plupart des gens mettent leur main sous le masque pour se gratter le visage ou se frotter le nez", relève Amesh Adalja, spécialiste des maladies infectieuses au Centre de sécurité sanitaire de l'université Johns Hopkins à Baltimore (Etats-Unis), également interrogé par le quotidien américain. Ce qui peut mettre le porteur de masque en contact avec des agents contaminants et retirer à l'objet tout son intérêt.

Spécialiste des maladies infectieuses à l'université de Toronto, Susy Hota recommande même de ne pas porter ce type de masque, afin de ne pas alimenter de psychose dans la population. "Ça rend les gens nerveux [autour de vous] et rien ne prouve que ça vous protège", assure-t-elle à Radio-Canada.

Quelles sont les précautions à prendre ?

Ce n'est guère spectaculaire, mais le meilleur moyen de prévenir une contamination par le virus 2019-nCoV reste de se comporter comme "à chaque saison de rhume ou de grippe", précise à CNN (article en anglais) le docteur John Wiesman, responsable des questions de santé dans l'Etat de Washington, où le premier cas américain de coronavirus a été déclaré. "Comme pour l'épisode de grippe saisonnière, les 'mesures barrières' sont efficaces", abonde le ministère de la Santé. Voici quelques règles : tousser dans son coude (et non dans sa main), utiliser des mouchoirs à usage unique, et surtout se laver régulièrement et soigneusement les mains.

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