Déconfinement : "La circulation du coronavirus est très élevée mais il sera très difficile de demander encore des efforts aux Français", estime un chercheur

Le chef de l'État a annoncé le calendrier de la levée des restrictions et du couvre-feu. Mircea Sofonea s'inquiète de la propagation actuelle de l'épidémie de Covid-19 mais estime que "la solution alternative à ce déconfinement progressif parait difficile à faire accepter aux Français."

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Radio France
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Une soignante remplit un registre de patients Covid-19 dans le service de réanimation de l'hôpital Pasteur à Colmar, le 22 avril 2021. Photo d'illustration. (SEBASTIEN BOZON / AFP)

Emmanuel Macron a annoncé dans une interview à la presse quotidienne régionale le calendrier du déconfinement en quatre dates allant du 3 mai au 30 juin. Mircea Sofonea, maître de conférences en épidémiologie et évolution des maladies infectieuses à l’Université de Montpellier et chercheur en modélisation de l’épidémie du Covid-19 en France estime que "le niveau de circulation du virus est très élevé mais il sera très difficile de demander encore des efforts aux Français".

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franceinfo : Le calendrier en quatre étapes dévoilés par le gouvernement vous parait-il répondre aux impératifs sanitaires ?

Mircea Sofonea : C'est délicat car la solution alternative à ce déconfinement progressif parait difficile à faire accepter aux Français. La population vit depuis plusieurs mois avec des contraintes dures. Malheureusement, en matière de confinement tout est une question de timing et le troisième confinement est arrivé très tardivement.

Aujourd'hui le niveau de circulation du virus est donc très élevé mais il sera très difficile de demander encore des efforts aux Français. Nous allons nous retrouver dans une situation plutôt inconfortable puisque l'incidence ne baissera pas spontanément, au contraire, et les services de soin critiques risquent d'en pâtir pendant de longues semaines encore.

Déconfine-t-on trop tôt selon vous ?

Il existe toujours une relation entre temporalité du confinement et du déconfinement. Plus on attend avant de répondre au rebond épidémique et plus longtemps il faut attendre avant de revenir à un niveau de circulation du virus contrôlable. Aujourd'hui, on ne peut pas attendre un effet du confinement sur l'épidémie en seulement quelques semaines. Actuellement l'épidémie est sous contrôle mais il ne faut pas s'arrêter à cela.

Pour vous donner un ordre d'idée : lors des deux premiers confinement, il fallait attendre dix à quinze jours pour diviser le taux d'incidence et le nombre d'admissions en soin critiques par deux, tandis qu'aujourd'hui il faut attendre cinquante jours au minimum. La décrue sera donc très lente. S'il y a en plus un effet d'emballement parce qu'on a tous envie de profiter de cette liberté retrouvée, la vaccination ne sera pas suffisante pour compenser ce rebond.

Y aura-t-il alors un risque de quatrième vague ?

Il est possible qu'on observe un rebond en juillet effectivement. Il est difficile d'estimer si cela sera une vraie vague ou seulement une stagnation dans certaines régions. La vaccination n'a pas encore atteint des niveaux très importants. Elle avance, c'est très positif et les perspectives sont bonnes, mais il ne faut pas croire que quand on a vacciné un quart de la population adulte, l'épidémie s'essouffle spontanément.

Il existe une inertie dans la circulation du virus et on a atteint des sommets d'incidence, l'épidémie va donc mettre du temps à s'évanouir. L'immunité collective est insuffisante par rapport au niveau de circulation du virus. Et le niveau de couverture vaccinale ne correspond pas au relâchement de mesures que l'on souhaite instaurer.

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