Déconfinement : couvre-feu, télétravail, réouvertures, pass sanitaire… Ce qu'il faut retenir de l'interview d'Emmanuel Macron à la presse régionale

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Le président de la République, Emmanuel Macron, à l'Elysée, à Paris, le 29 avril 2021. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Le chef de l'Etat a accordé un entretien à la presse régionale, dévoilé jeudi, dans lequel il détaille l'allègement des restrictions mises en place pour lutter contre l'épidémie de Covid-19.

Quatre étapes, du 3 mai au 30 juin. Le président de la République a détaillé, dans un entretien à la presse quotidienne régionale jeudi 29 avril, son calendrier de réouverture dans la perspective du déconfinement pour lutter contre l'épidémie de Covid-19. Il précise également les mesures à venir en matière de vaccination contre le Covid-19. La reprise des activités sociales pourra se faire progressivement, notamment dès le 19 mai avec la réouverture des terrasses. En revanche, pour dire adieu au couvre-feu, il faudra attendre le 30 juin. Franceinfo revient sur les principales annonces du chef de l'Etat.

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Une réouverture en quatre étapes

Le président de la République dévoile un calendrier en quatre étapes pour la réouverture des lieux culturels et des commerces notamment. Dès le lundi 3 mai, il sera possible de se déplacer au-delà de 10 kilomètres de son domicile en journée, sans attestation ni justificatif de domicile.

Le 19 mai, les terrasses et les lieux culturels (musées, cinémas, théâtres...) pourront à nouveau ouvrir leurs portes, après plus de six mois de fermeture.

Le 9 juin, ce sera au tour des cafés et restaurants de pouvoir accueillir du public en intérieur, tout comme les salles de sport. Enfin, le 30 juin marquera la fin des jauges dans les établissements recevant du public. Les discothèques ne sont pas concernées par ces annonces et resteront fermées.

Toutes les mesures de ce calendrier sont soumises à l'évolution de l'épidémie et leur mise en œuvre pourra être retardée localement si les conditions sanitaires l'exigent.

Le couvre-feu maintenu jusqu'au 30 juin

Malgré les annonces du Premier ministre mercredi, qui soulignait que le régime de sortie de l'état d'urgence sanitaire ne permettrait pas le maintien du couvre-feu au-delà du 2 juin, Emmanuel Macron a annoncé une continuité de la mesure jusqu'au 30 juin. Cependant, il sera progressivement repoussé, à 21 heures à partir du 19 mai et à 23 heures du 9 juin jusqu'à sa levée définitive le 30 juin.

La vaccination ouverte à tous les adultes obèses dès le 1er mai

Dans la lignée de ce qu'avait annoncé le ministre de la Santé Olivier Véran le 22 avril, Emmanuel Macron a officialisé l'ouverture de la vaccination aux personnes majeures "qui ont une surcharge pondérale sérieuse". Il invite les "2,3 millions de Français concernés" à se rendre "dès ce week-end" dans les centres de vaccination. Pour autant, le chef de l'Etat n'envisage "pas tout de suite" d'élargir la vaccination à l'ensemble de la population. "On va continuer à prioriser par âge parce que c'est le plus efficace", commente-t-il.

Par ailleurs, le président de la République estime que l'Europe est en train de devenir "le continent leader de la production de vaccins". "Nous allons produire 250 millions de doses sur notre sol cette année. Nous, Européens, nous en avons d'ores et déjà commandé 2,5 milliards pour cette année. Nous en produirons plus de 2 milliards sur 2022-2023 pour faire les éventuels rappels de vaccination dont on aura peut-être besoin, mais aussi aider tous nos partenaires à vacciner leurs populations et écraser le virus dans leur pays", ajoute-t-il en insistant sur l'importance de "permettre à tous les pays du monde d'aller vers une stratégie d'éradication du virus" pour éviter l'émergence de nouveaux variants.  

Pas de territorialisation des mesures a priori

"J'ai bon espoir que la France entière pourra passer à l'étape du 19 mai", avance le chef de l'Etat. Les mesures annoncées seront donc effectives sur l'ensemble du territoire aux dates prévues, sauf en cas de dégradation de la situation sanitaire. "Nous pourrons actionner des freins d'urgence sanitaires dans les territoires où le virus circulerait trop", tempère le président de la République.

Ces réouvertures pourront être bloquées dans des métropoles ou des départements en fonction de trois critères : "le taux d'incidence qui dépasserait à nouveau 400 infections pour 100 000 habitants, une augmentation très brutale de ce taux et une menace de saturation des services de réanimation", détaille Emmanuel Macron.

Interrogé au sujet d'un quatrième confinement en France, Emmanuel Macron n'a pas souhaité balayer complètement cette hypothèse : "Est-ce que je peux vous dire, les yeux dans les yeux, qu'on ne sera plus jamais débordé par ce virus ? C'est impossible. (...) Maintenant, notre combat, c'est de vacciner le plus vite possible pour augmenter notre immunité collective."

Le télétravail assoupli à partir du 9 juin

Les mesures actuellement applicables aux travailleurs restent en vigueur : le télétravail est la règle, sauf en l'absence d'alternative. "Le télétravail sera assoupli à partir du 9 juin, en lien avec les partenaires sociaux au niveau des entreprises", évoque Emmanuel Macron.

Pour établir ces assouplissements, le chef de l'Etat annonce une "phase de concertation à trois niveaux" avec les parlementaires, l'ensemble des partenaires sociaux et des professionnels des secteurs, ainsi que les élus des territoires. A l'issue de ces concertations, un plan devrait être présenté par Jean Castex "au cours de la semaine du 10 mai".

Un pass sanitaire pour les lieux "où se brassent les foules"

Emmanuel Macron estime qu'il serait "absurde de ne pas utiliser" un système de pass sanitaire "dans les lieux où se brassent les foules, comme les stades, festivals, foires ou expositions", dont l'accès serait alors conditionné à un test négatif ou un certificat d'immunité. "Il ne saurait être obligatoire pour accéder aux lieux de la vie de tous les jours comme les restaurants, théâtres et cinémas, ou pour aller chez des amis", a toutefois prévenu le chef de l'Etat, qui ajoute que "le Parlement se saisira de la question".

Les examens maintenus dans le secondaire et le supérieur

Emmanuel Macron a tenu à rassurer les élèves et étudiants : "En aucun cas, nous n'aurons des examens et des diplômes au rabais." Il a réaffirmé le maintien des épreuves terminales du baccalauréat en juin, ainsi qu'en bac pro. Pour les BTS, mêmes conditions, mais "une session exceptionnelle de rattrapage" sera proposée en juillet. Enfin, dans le reste de l'enseignement supérieur, les examens se tiendront selon le calendrier prévu, mais si des étudiants sont touchés par la maladie, ils auront accès à des sessions de rattrapage.

Des aides économiques "au prorata de la reprise d'activité" à partir du 1er juin

"Dans les semaines à venir, il faut être vigilant pour accompagner le redémarrage sans créer de fragilités économiques", estime le chef de l'Etat. Les établissements qui rouvriront en mai bénéficieront des "mêmes aides économiques qu'en avril". A compter du 1er juin, Emmanuel Macron plaide pour "une réponse adaptée par secteur", avec des aides "au prorata de la reprise d'activité". Interrogé sur ces aides économiques, le président "assume totalement" la stratégie du "quoi qu'il en coûte". "Cette dette Covid, il faudra la rembourser", ajoute le chef de l'Etat, qui promet toutefois "qu'il n'y aura pas de hausses d'impôts en sortie de crise".

Le président souhaite retourner sur le terrain

Avec la reprise des activités et "le retour à une vie aussi normale que possible", Emmanuel Macron évoque son intention de "reprendre [son] bâton de pèlerin et aller dans les territoires pour prendre le pouls du pays". Interrogé sur la tenue d'un nouveau grand débat national, le chef de l'Etat souhaite "inventer un deuxième temps de la relance" en lien "avec les maires et forces vives de la Nation". Au sujet d'une candidature à sa réélection en 2022, il botte en touche tout en se projetant vers l'avenir : "Je serais bien intempestif à vous parler de mes ambitions personnelles. (…) Nous avons une nouvelle décennie française à bâtir, qui sera la décennie de notre jeunesse."

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