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Déconfinement : pour Marine Le Pen, “ce qu'on fait aujourd'hui, on aurait dû le faire il y a quatre mois et demi”

Le gouvernement a annoncé la phase 2 de son plan de déconfinement jeudi. La présidente du Rassemblement national regrette une mise en place trop tardive de certaines mesures.

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Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, sur franceinfo le 14 avril 2017.
Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, sur franceinfo le 14 avril 2017. (JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / FRANCE-INFO)

"Je suis rassurée surtout de voir que les Français ont été remarquables", a réagi sur franceinfo jeudi 28 mai Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, après les annonces du Premier ministre Edouard Philippe sur la 2e phase du déconfinement. "Ce qu'on fait aujourd'hui, on aurait dû le faire il y a quatre mois et demi", a notamment dénoncé la députée de la 11e circonscription du Pas-de-Calais. Concernant l’annonce du maintien de l'interdiction des rassemblements de plus de 10 personnes, Marine Le Pen ne veut pas que continue ce qu’elle appelle "le deux poids, deux mesures" après notamment les rassemblements à Argenteuil et le match de football à Strasbourg. "Oui à cette règle, mais qu’elle soit appliquée à tout le monde", a demandé Marine Le Pen.

franceinfo : Êtes-vous rassurée par les nouvelles mesures de déconfinement annoncées par le gouvernement ?

Marine Le Pen : Je suis rassurée surtout de voir que les Français ont été remarquables. Voilà, je le dis sur tous les tons, y compris au moment où certains au sein du gouvernement tendaient à les tancer et à les culpabiliser en toutes circonstances. Les Français sont allés au-delà de ce que le gouvernement leur réclamait. Je vois qu'ils portent des masques. Ils sont majoritaires à le faire. Ils ont bien compris que cette protection est une protection nécessaire et je crois que c'est à eux qu'il faut tirer un coup de chapeau. Car le succès du recul de cette épidémie, c'est en même temps le respect du confinement par l'immense majorité des Français, à quelques exceptions près. Et puis, le respect des distances physiques, du port du masque et de tout ce qui fait aujourd'hui les gestes barrières qui restent encore d'ailleurs d'actualité.

C’est grâce aux Français si ce déconfinement se déroule plutôt bien ?

Oui. Ce qui est malheureux, si vous voulez, c'est ce qu'on fait aujourd'hui, on aurait dû le faire il y a quatre mois et demi. Si toutes ces mesures qu’avaient réclamé l'OMS - c'est-à-dire tester, isoler, traiter - avaient été mises en œuvre dès le mois de janvier, et bien peut-être n'aurions-nous pas vécu un confinement aussi long et peut-être pas vécu de confinement du tout. Evidemment, on peut se réjouir qu'aujourd'hui, une partie de ces mesures soient mises en œuvre. Même si, j'ai noté que M. Véran ne donnait toujours aucun chiffre sur le nombre de tests réalisés quotidiennement, alors même que l'opposition dont je fais partie réclame ces informations depuis déjà de nombreuses semaines. 

Vous validez ce soir tout de même la volonté de Jean-Michel Blanquer de rouvrir toutes les écoles, tous les collèges à partir du 2 juin ?

Non, je ne peux pas valider cela puisque vous savez très bien que dès le départ, j’ai considéré que le principe de responsabilité consistait à ne pas rouvrir les écoles avant le mois de septembre. On va rouvrir des écoles d'ici la semaine prochaine ou le 2 juin pour 15 jours. Je trouvais qu'il s'agissait là en réalité d'un bénéfice assez minime pour un risque qui restait réel. Maintenant, nous nous approchons doucement des quatre semaines de délais depuis le début du déconfinement et par conséquent, on se retrouvera dans la situation de l'Autriche qui a ouvert ses écoles un mois après le déconfinement.

Allez-vous télécharger l’application StopCovid dès ce week-end ?

Non. Je suis cheffe de l'opposition, et par conséquent, je considère que qui que ce soit puisse avoir une connaissance précise de qui je vois et combien de temps, ça pose un problème. Mais surtout, ce qui me pose encore plus un problème, c'est qu’en réalité, les résultats sont assez mauvais dans les pays qui mettent en place ce type d'application. Ça ne marche pas en Autriche, notamment. Il y a encore des problèmes techniques qui sont lourds. Et puis, je ne suis pas convaincu de la préservation totale des données personnelles puisque le gouvernement a fait le choix d'une centralisation de ces données alors que, en ce qui me concerne, j'y étais opposée.

Peut-on dire aujourd'hui que le pays va enfin respirer ?

Bien sûr, tous les Français attendent cela, mais je ne voudrais pas que continue le deux poids, deux mesures parce que je vois que les rassemblements de plus de 10 personnes sont toujours interdits. Mais la marche blanche à Argenteuil, c'était des centaines de personnes, les matchs de foot à Strasbourg se sont tenus sans intervention policière alors que la manifestation des soignants devant l'hôpital Debré, le 21 mai, a fait l'objet de sanctions multiples. Donc, oui à cette règle, mais qu’elle soit appliquée à tout le monde. Pour que les Français n'aient pas le sentiment d'injustice que certains se voient appliquer cette règle et que d'autres, semble-t-il, y échappent.

Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, sur franceinfo le 14 avril 2017.
Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, sur franceinfo le 14 avril 2017. (JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / FRANCE-INFO)