Covid-19 : rapidité, fiabilité, intérêt... On répond à quatre questions sur les tests antigéniques que souhaite développer le gouvernement

Face au délai d'attente, parfois très long, des résultats de tests PCR, le ministre de la Santé a annoncé le déploiement en Ile-de-France de tests antigéniques. 

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Une personnelle de santé effectue un prélèvement nasal à un homme pour un test au Covid-19, le 7 septembre 2020 au CHU de Rennes (Ille-et-Vilaine).  (DAMIEN MEYER / AFP)

Un million de tests PCR sont réalisés chaque semaine en France. Si devant les laboratoires les files s'allongent pour se faire tester au Covid-19, encore plus longue est l'attente quand il s'agit de recevoir les résultats. Pour faire face à cet engorgement, le ministre de la Santé a annoncé, mardi 8 septembre, sur France Inter, la distribution de 100 000 tests antigéniques dans les hôpitaux parisiens. L'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (APHP) s'apprête ainsi à "démarrer cette semaine une évaluation de leur faisabilité en conditions réelles", explique-t-elle. L'objectif affiché est de "permettre de déployer [les tests antigéniques] à grande échelle à partir de mi-septembre", si l'expérimentation est concluante. Sont-ils fiables ? Obtient-on un résultats rapidement ? Franceinfo répond à quatre questions sur ces tests. 

1Comment fonctionnent les tests antigéniques ? 

Comme le test PCR, le test antigénique s'effectue par prélèvement dans les narines avec des écouvillons. "Hélas", déplore Olivier Véran sur France Inter, "c'est l'écouvillon pas agréable". Mais il peut aussi être réalisé grâce à des prélèvements des voies respiratoires basses, indique une brochure de la Haute Autorité de Santé (HAS) sur les différents tests publiée le 18 mai 2020. 

Le test antigénique "s'intéresse à l’antigène, à la surface du coronavirus, à savoir l’endroit où se fixent les anticorps que nous produisons pour lutter contre le virus", explique LCI. Ce sont les protéines virales qui sont cherchées, à la différence du test PCR, qui recherche le code génétique du virus (ARN), et du test sérologique, qui sonde les anticorps. Il permet donc de répondre à la question : "Le patient est-il oui ou non atteint du Covid-19 ?" 

Le test antigénique révèle si la personne testée est actuellement contaminée par le coronavirus et non si elle a déjà été infectée par le passé. Les particules récupérées au fond du nez sont mélangées avec un réactif sur une bandelette ou dans un tube, ajoute Le Parisien. Si le résultat est positif, une bande se colore. Il s'agit du même principe qu'un test de grossesse.

2En combien de temps obtient-on un résultat ? 

"On a 15 à 20 minutes à attendre et on a le résultat", s'est félicité Olivier Véran sur France Inter. L'APHP, contactée par L'Obs, estime de son côté ce délai à 30 minutes. C'est donc un résultat très rapide, car il ne nécessite pas d'analyse lourde en laboratoire. En comparaison, "80% des résultats [des tests PCR] sont rendus en moins de 36 heures", note Olivier Véran. Ils peuvent parfois prendre encore plus de temps à arriver. 

3Les tests antigéniques sont-ils fiables ? 

Les tests antigéniques sont moins sensibles que les tests PCR : ils ne détectent que les personnes ayant une charge virale importante, indique la Haute Autorité de santé dans sa brochure. Interrogé par Le Parisien, le virologue Yves Gaudin explique : "Quand on fait une PCR, on amplifie le génome viral. Donc on peut le détecter dès qu'il y en a seulement un peu. Un test antigénique rapide passe par la détection de protéines du virus, mais sans phase d'amplification. S'il y en a peu au départ, on va avoir un signal très faible et on risque de passer à côté de l'infection. Du coup, la proportion de faux négatifs risque d'être plus importante." L'APHP ajoute qu'un résultat positif doit donc être "impérativement confirmé" par PCR, qui reste "le test de référence".

4Quel est l'intérêt des tests antigéniques ?

L'intérêt d'un test plus rapide qui ne détecte, certes, que les personnes ayant une charge virale élevée, c'est qu'il peut permettre d'isoler rapidement les cas contagieux. Grâce à cela, le traçage des cas contacts se fait donc plus vite. Les tests antigéniques ne sont donc pas censés remplacer les PCR, ils viennent en complément de ces derniers dans la stratégie de dépistage. 

Il s'agit en outre d'un outil intéressant pour les accueils d'hôpitaux ou les aéroports par exemple. Les passagers en provenance de 29 pays et qui ne sont pas faits dépister avant leur arrivée en France doivent se soumettre à un test PCR leur arrivée en France, rappelle le site France DiplomatieSelon Santé publique France, 570 tests se sont révélés positifs sur 16 171 réalisés dans les aéroports pour la semaine du 17 au 23 août. Dans ce contexte, la mise en place de tests antigéniques s'avérerait efficace pour trier plus rapidement les personnes probablement contaminées. 

Le déploiement de ce mode de test plus simple (car il ne nécessite pas d'analyses approfondies) permettrait aussi de désengorger les laboratoires. Ils pourront être utilisés "probablement dans les cabinets de médecin ou dans des centres de dépistage", remarque Jérôme Grosjean, biologiste au Centre hospitalier de Chambéry, interrogé sur franceinfo. Ils sont "tout à fait adaptés aux opérations massives de dépistage", ajoute l'APHP. 

Le gouvernement attend aussi le développement d'un autre mode de test, celui-ci salivaire, aussi rapide et moins désagréable. "J'attends de façon imminente des résultats d'expérimentations qu'on a menées sur des populations importantes", explique Olivier Véran à France Inter. "Je croise les doigts pour qu'on puisse passer au salivaire."

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