Covid-19 : "Jusqu'à trois heures d'attente pour un simple dépistage" à Paris, les laboratoires submergés

Face à la demande, certains centres d'analyse médicale ont dû faire appel à des agents de sécurité pour gérer les tensions dans les files d'attente.

Deux longues files d\'attente pour se faire dépister du coronavirus devant un laboratoire du XIIe arrondissement de Paris, le 14 août 2020. D\'un côté, les asymptomatiques, de l\'autre, ceux qui pensent avoir été en contact avec le Covid-19.
Deux longues files d'attente pour se faire dépister du coronavirus devant un laboratoire du XIIe arrondissement de Paris, le 14 août 2020. D'un côté, les asymptomatiques, de l'autre, ceux qui pensent avoir été en contact avec le Covid-19. (PERRINE ROGUET / FRANCEINFO)

"Je n'arrive pas à comprendre pour quelles raisons il y a autant d'attente", peste Michel qui attend devant un laboratoire du 12e arrondissement de Paris pour se faire tester au Covid-19. Alors que le nombre de cas de coronavirus repart à la hausse et que la direction générale de la Santé appelle les Français à se faire tester, Michel a décidé de passer sans rendez-vous le test PCR, celui qui nécessite un prélèvement nasal, avant de s'envoler vers la Réunion. "On a à peu près deux heures d'attente voire jusqu'à trois heures pour un simple dépistage. Je ne comprends pas", s'impatiente-t-il.

C'est l'expression d'une irrationalité complète !Michel, en attente d'un dépistageà franceinfo

Pour accéder au dépistage, il y a deux files : d'un côté, les asymptomatiques, comme Michel. Et de l'autre, ceux qui ont une suspicion de coronavirus. Pauline a passé le week-end avec une amie qui vient d'être testée positive, alors elle n'a pas attendu pour se faire dépister :  "Moi, j'ai quand même fait six labos avant de me retrouver ici, explique-t-elle. On m'a proposé des rendez-vous pour dans six jours. Mais voilà, je trouve que c'est un petit peu étrange comme fonctionnement. Je suis assez surprise que ce soit si difficile. C'est uniquement à Paris que c'est aussi difficile. J'ai un ami qui vient de faire un test, il a fait 10 minutes de queue et il aura les résultats ce soir. Là, les résultats, a priori, ce n'est pas avant 48 heures", regrette la jeune femme.

Les laborantins épuisés

Face à cette incompréhension, cachés derrière leur blouse, gants, masque et visière, il y a ceux qui font les tests. La situation devient pesante, comme pour cette technicienne de laboratoire qui se dit "épuisée" : "Il y en a certains qui partent, qui démissionnent, qui essayent d'aller dans des endroits plus calmes où on ne fait pas les 'PCR Covid', par exemple. J'aimerais qu'on reconnaisse un peu ce qu'on fait, on est à peu près au même stade que les gens qui travaillaient en réanimation il y a quelque temps", explique cette laborantine. Des agents de sécurité ont aussi été engagés dans certains laboratoires pour faire face aux tensions entre patients. 

Devant le nombre de personnes souhaitant se faire dépister du coronavirus, un barnum est installé devant un laboratoire du XIIe arrondissement de Paris, le 14 août 2020.
Devant le nombre de personnes souhaitant se faire dépister du coronavirus, un barnum est installé devant un laboratoire du XIIe arrondissement de Paris, le 14 août 2020. (PERRINE ROGUET / FRANCEINFO)

Le laboratoire manque de tout, de bras, de matériel, mais surtout, de place. L'endroit est fait pour recevoir deux à trois fois moins de monde au quotidien. Les tests se font donc à l'extérieur, sous un barnum. "Sur Google, on a des avis hyper négatifs. On est descendu en flèche parce que les gens font la queue, déplore la laborantine. Nous, on aimerait bien qu'ils ne fassent pas la queue, mais comment voulez-vous qu'ils fassent autrement ?"

Sur le site Doctolib, qui permet de réserver des rendez-vous médicaux en ligne, certains laboratoires parisiens n'ont pas de place avant début septembre. Les laboratoires sans rendez-vous reçoivent, eux, plus de 150 patients par jour.