Covid-19 : "Le principe de responsabilité doit primer", répond Olivier Véran aux élus marseillais

Le ministre de la Santé était auditionné par la commission d'enquête du Sénat sur la gestion de la crise du Covid-19. Il est revenu sur les nouvelles restrictions sanitaires, dont la mise en place déclenche un tollé dans les Bouches-du-Rhône.

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Le ministre de la Santé Olivier Véran lors de son audition devant la commission d'enquête du Sénat sur la gestion de la crise du Covid-19, jeudi 23 septembre 2020. (THOMAS SAMSON / AFP)

"Concerter ne veut pas forcément tomber d'accord et à un moment donné, le principe de responsabilité doit primer." Le ministre de la Santé Olivier Véran a longuement répondu aux élus marseillais mécontents des nouvelles mesures sanitaires appliquées à la métropole, jeudi 24 septembre, lors de son audition en commission d'enquête du Sénat sur la gestion de la crise du Covid-19Le premier adjoint de Marseille, Benoît Payan, lui a notamment reproché d'avoir décidé de ces nouvelles restrictions "sans concertation" avec les élus locaux, notamment en ce qui concerne la fermeture des bars et des restaurants.

En retour, Olivier Véran a détaillé ses échanges avec les acteurs locaux durant les dernières semaines. "J'ai eu la maire de Marseille [Michèle Rubirola] au téléphone plusieurs fois cet été. (...) Je l'ai sensibilisée au mois d'août en lui expliquant que les indicateurs à Marseille devenaient mauvais – elle était tout à fait consciente de ça et totalement à fait en phase avec ce que je lui disais."

Olivier Véran a également cité un déplacement en préfecture de Marseille, le 27 août dernier, au cours duquel il avait rencontré "des parlementaires, des élus de la ville, de la métropole, du département, de la région et plusieurs maires de comunes adjacentes de Marseille", mais également Michèle Rubiola.

Je leur ai dit que si nous ne prenions pas rapidement des mesures de gestion pour enrayer la circulation du virus, il était à craindre que nous soyions obligés de prendre des mesures plus fortes, plus tard.

Olivier Véran

en commission d'enquête du Sénat

Montpellier, Toulouse, Lille, Saint-Etienne, Paris, Rennes, Grenoble... Olivier Véran a remercié les maires de nombreuses villes avec lesquels il a échangé par téléphone, mercredi, entre les "prises de décision en Conseil de défense" et les annonces, en leur disant "qu'ils auraient une concertation avec le préfet, comme c'est la méthode, pendant 48 heures pour adapter les mesures propres à chaque territoire". "Je peux vous dire que je n'ai pas eu de difficulté", a-t-il ajouté.

Puis il a évoqué une "situation marseillaise – ce n'est pas pour pointer du doigt certains élus". Olivier Véran assure s'être entretenu avec le premier adjoint de Marseille, Benoît Payan, ainsi que le président de la région Paca. Désormais mis en cause par les élus de la cité phocéenne, Olivier Véran a fait valoir le "principe de responsabilité" – "je l'assume et je l'assumerai à chaque fois que c'est nécessaire".

[Les personnes en réanimation] sont des personnes qui n'ont pas demandé à aller en réanimation, ce sont des personnes qui ont demandé à être protégés.

Olivier Véran

en commission d'enquête au Sénat

Le ministre s'est également adressé au sénateur de Paris, Bernard Jomier, qui a déclaré dans Le Parisien que le ministre courait "après le virus" et qu'il était "en retard" alors qu'il fallait être "dans l'anticipation" afin de gérer au mieux la crise sanitaire. "Si vous voulez que nous ne courrions pas après le virus, monsieur le sénateur, il faut accepter l'idée que nous soyons obligés d'acter un certain nombre de décisions rapidement compte tenu de la situation sanitaire", lui a répondu Olivier Véran.

Moi, je ne me leste pas de boulets. Les boulets, ce n'est pas la concertation, ce sont les jours de délai entre le moment où on observe et le moment où on doit agir.

Olivier Véran

en commission d'enquête du Sénat

Sans les citer nommément, Olivier Véran a également répondu aux élus marseillais qui réclament un délai de dix jours afin de mettre en place des mesures sanitaires complémentaires, au premier rang desquel Benoît Payan. "Si à chaque fois que nous devons prendre des décisions, nous devons nous donner des jours de discussion jusqu'à ce qu'on arrive à tomber d'accord ou non sur des mesures de gestion, alors nous serons véritablement en train de courir après le virus."

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