VIDEO. Covid-19 : la mairie de Marseille demande un délai de 10 jours avant l'application des nouvelles restrictions

"Une nouvelle fois, notre territoire est sanctionné, puni, montré du doigt", a fustigé le premier adjoint à la mairie de Marseille, Benoît Payan.

Il tape du poing sur la table. Benoît Payan, le premier adjoint de Marseille, a dénoncé, jeudi 24 septembre un "affront" après l'annonce "sans concertation" par le gouvernement de "restrictions incroyables" pour lutter contre le Covid-19. Le maire par intérim, qui remplace temporairement Michèle Rubirola, éloignée pour raisons de santé, a ainsi réclamé un délai de 10 jours avant la mise en œuvre des nouvelles mesures telles que la fermeture des bars et restaurants. 

Une nouvelle fois, notre territoire est sanctionné, puni, montré du doigt.

Benoît Payan

en conférence de presse

"Il en va du respect de la deuxième ville de France", a tonné le premier adjoint marseillais au cours d'une conférence de presse, assurant avoir dû lui-même appeler le ministre de la Santé avant sa prise de parole de mercredi pour obtenir des explications.

"On est prêts à assumer ces décisions"

Olivier Véran a notamment annoncé mercredi soir le placement de la métropole Aix-Marseille en zone écarlate, une décision qui doit entraîner entre autres la fermeture totale des bars, restaurants et salles de sport dès samedi, pour une durée de 15 jours. "Les Marseillais s'adaptent, se restreignent, se contraignent, la ville de Marseille a su répondre" à la crise sanitaire, a aussi pointé Benoît Payan, assurant que les mesures mises en œuvre avaient "commencé à porter leurs fruits" et évoquant pour Marseille "le taux de contamination le plus bas de France".

"Avec Madame la maire, nous demandons au gouvernement 10 jours avant la mise en œuvre de nouvelles mesures", a poursuivi Benoît Payan. "Si au bout de ces 10 jours l'épidémie reprend, on est prêts à assumer ces décisions." "Je ne crois pas que le gouvernement fasse la sourde oreille, je ne crois pas que le gouvernement s'entête et s'enferre dans son erreur", a-t-il ajouté. "Nous n'acceptons pas d'être l'outil d'une politique spectacle d'annonce d'un ministre qui peine à gérer ses échecs", a aussi dénoncé Payan, déplorant le placement de Marseille en "quasi-confinement".

Le premier adjoint à la mairie de Marseille (Bouches-du-Rhône), le 24 septembre 2020.
Le premier adjoint à la mairie de Marseille (Bouches-du-Rhône), le 24 septembre 2020. (CHRISTOPHE SIMON / AFP)