Covid-19 : "La situation s'améliore" à l'hôpital mais "la charge de travail globale reste importante", selon le professeur Bruno Mégarbane

En France métropolitaine, la tendance est au recul de l'épidémie avec un nombre de patients gravement atteints du Covid-19 qui continue de baisser progressivement.

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Radio France
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Des soignantes pendant leur service de nuit dans un service de réanimation, à l'hôpital Louis Mourier de Colombes (Hauts-de-Seine), le 5 mai 2021. (ALAIN JOCARD / AFP)

"Le nombre de patients gravement affectés par le Covid-19 diminue dans les hôpitaux progressivement et notamment dans les services de réanimation", a reconnu vendredi 14 mai sur franceinfo Bruno Mégarbane, chef du service de réanimation de l'hôpital Lariboisière à Paris, alors que le nombre de patients gravement atteints du Covid-19 a continué de baisser progressivement. Mais le médecin souligne que "la charge de travail globale reste encore très importante".

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Bruno Mégarbane explique cette situation par trois facteurs. Les hôpitaux sont "toujours au-delà leur capacité habituelle" et "des lits de réanimation éphémères" sont ouverts dans d'autres secteurs hospitaliers. Il note également que "les patients encore hospitalisés sont les patients les plus gravement affectés" dont le pronostic vital "est immédiatement menacé, et ils engendrent une charge extrêmement élevée".

Le troisième facteur est "une augmentation très significative des demandes d'admission en réanimation pour des problématiques de soins critiques non liées au Covid-19". Le médecin évoque des personnes atteintes de pathologies "hépatiques, cardiaques, respiratoires" qui ont "attendu par peur d'être infectés" et dont la santé s'est aggravée.

"On voit la pression très nettement diminuer"

Bruno Mégarbane estime donc qu'il est "tôt pour ressentir un soulagement même si l'on voit la pression très nettement diminuer". Les services de réanimation recevaient il y a 15 jours "une vingtaine d'appels par jour pour prendre en charge des patients Covid. Aujourd'hui, nous recevons un à deux appels par jour. La situation s'améliore". Si les sorties de patients dont la santé s'améliore augmentent, "cela reste la majorité", il rappelle que "les patients les plus graves vont encore rester" hospitalisés. 

Avec la vaccination qui progresse, Bruno Mégarbane assure que cela se ressent dans les services hospitaliers, "parce que le nombre de personnes âgées, notamment en provenance des Ehpad, a très nettement diminué". L'âge moyen des patients en réanimation "est inférieure à 60 ans. On note très clairement un rajeunissement de la population, une féminisation, avec des patients qui ont de moins en moins de façon claire des comorbidités".

Il faut "rester vigilant jusqu'à fin juin pour passer un bon été"

Le chef du service de réanimation de l'hôpital Lariboisière à Paris reste "relativement optimiste" pour l'évolution de la situation sanitaire. "Le déconfinement avec une stratégie progressive, adaptée à la situation épidémiologique, avec des ouvertures en fonction de l'état d'avancement de l'épidémie, est une bonne stratégie qui va permettre à la population de reprendre un certain nombre d'activités sociales et économiques pour se diriger vers l'été. Les vacances seront quasi normales."

Mais il pointe le risque qu'à partir du 19 mai, début du déconfinement, les Français croient "que l'épidémie a disparu et lèvent le respect des mesures barrières et le port du masque, notamment en espace clos public". Selon lui, il y aurait dans ce cas-là "un tassement de la régression de l'épidémie, voire un rebond". Mais il fait "confiance à la responsabilisation de chacun d'entre nous". Il appelle à "rester vigilant jusqu'à fin juin pour passer un bon été". Il faut "se vacciner dès à présent si l'on veut passer une très bonne rentrée en septembre, octobre. Car le danger est évidemment à la rentrée de l'automne".

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