Covid-19 : la situation est "en train de se stabiliser", on a "l'espoir de voir une baisse d'ici une quinzaine de jours", annonce un médecin

"Une baisse" des patients admis en réanimation "d'ici environ une quinzaine de jours". C'est l'espoir de François-René Pruvot, président de la commission médicale du CHU de Lille, qui affirme que le flux "est en train de se stabiliser".

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Radio France
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Une soignante dans l'unité de soins intensifs consacrée au Covid-19, le 7 avril 2021 à PIerre-Benite (Rhône). Photo d'illustration. (JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP)

"Ce flux est en train de se stabiliser", concernant le nombre de patients Covid-19 accueillis dans les réanimations, et "on a quand même l'espoir de voir une baisse d'ici environ une quinzaine de jours", a indiqué sur franceinfo vendredi 16 avril, François-René Pruvot, président de la commission médicale du CHU de Lille. Si la courbe des contaminations 40 000 en moyenne par jour reste à un niveau élevé, elle semble se stabiliser, note également Santé publique France. Selon François-René Pruvot, "on a le sentiment qu'on ne va pas dépasser, les 7 000 malades en réanimation", d'il y a un an. "On est saturés, mais pas dépassés", a-t-il ajouté.

franceinfo : La situation est en train de se stabiliser à un niveau élevé d'après le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, c'est ce que vous constatez vous aussi dans les hôpitaux ?

François-René Pruvot : C'est exactement ça, le taux d'incidence par 100 000 habitants est en train de chuter à peu près partout. Peut-être un peu moins en Île-de-France, mais dans la plupart des régions, ce taux chute. Le nombre d'entrées et de sorties de patients et le flux de patients diminuent également. Simplement, comme on a énormément augmenté nos capacités jusqu'à des limites du possible, le peu de malades qui rentrent et qui sortent créent cet état de tension. On en est à deux ou trois malades près, que l'on place en bougeant les murs, en faisant sortir des patients, alors qu'on ne pensait pas pouvoir les faire sortir trois heures avant. Donc, c'est un ajustement permanent qui crée cet état de tension.

Et pourtant, il y a près de 6 000 malades du Covid-19 dans les services de réanimation, en ce moment, si les chiffres continuent de grimper, on risque de dépasser les 7 000 d'il y a un an ?

On a le sentiment qu'on ne va pas les dépasser. Ce flux est en train de se stabiliser. Ce qui pose problème, c'est que les malades ont de nouveau une durée moyenne de séjour un peu plus élevée. Des malades un peu plus jeunes, plus graves. Clairement, donc, ils vont rester plus longtemps. Additionnez des malades nouveaux, même s'ils sont en petit nombre, ça augmente encore le nombre total. On a quand même l'espoir de voir une baisse d'ici environ une quinzaine de jours.

C'est parce qu'ils sont plus jeunes qu'ils restent plus longtemps en réanimation ?

Parce que les cas sont plus graves. Et effectivement, si le Covid-19 impose à un malade plus jeune d'aller en réanimation, c'est souvent qu'il est plus longtemps grave parce qu'il résiste. C'est difficile à dire, mais les gens plus âgés peuvent éventuellement mourir plus vite ou ne sont pas admis en réanimation parce que de toute façon les critères ne sont pas là. Par exemple, on fait plus volontiers des circulations extra-corporelles, ce qu'on appelle les fameuses Ecmo [Extracorporeal membrane oxygénation ou Oxygénation par membrane extracorporelle] parce que les malades sont plus jeunes. À 85 ans, on ne met pas un patient sous Ecmo. On parle de l'oxygénation des patients dans les situations très difficiles. Donc, c'est un équipement qui impose du personnel, une charge en soins qui est plus lourde.

Quels sont les hôpitaux, les régions où l'on commence à voir une amélioration ?

Il y a clairement une baisse d'incidence actuellement en Centre-Val de Loire. On a une baisse de l'incidence également chez nous, dans les Hauts-de-France. Bien évidemment, ça ne se traduit pas encore par une diminution du nombre de malades hospitalisés. Pour l'instant, c'est un plateau et l'incidence n'a pas encore donné des conséquences dans l'hôpital. On est saturés mais pas dépassés.

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