Covid-19 : "La quasi-totalité" des malades en réanimation à La Réunion "ne sont pas vaccinés", selon l'Agence régionale de santé

En raison de la propagation de l'épidémie de Covid-19, de nouvelles restrictions s'appliquent samedi sur l'île de La Réunion notamment un confinement partiel et un couvre-feu.

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Radio France
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Un soignant remplit des documents près de la chambre d'un patient atteint du Covid-19 dans le service de réanimation de l'hôpital de Saint-Pierre à La Réunion, le 30 juillet 2021. (RICHARD BOUHET / AFP)

"La quasi-totalité" des malades en réanimation à La Réunion "ne sont pas vaccinés", a indiqué Martine Ladoucette, directrice générale de l’Agence régionale de santé (ARS) à La Réunion, sur franceinfo. Sur place, un confinement est mis en place à partir de samedi 31 juillet, avec interdiction de se déplacer au-delà d'un rayon de 10 km autour de son domicile du lundi au samedi et au-delà de 5 km le dimanche. À ces mesures s'ajoute un couvre-feu, mis en place entre 18 heures et 5 heures tous les jours, avec attestation de déplacement dérogatoire obligatoire pour tout déplacement.

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franceinfo : Quelle est la situation épidémique à La Réunion ?

Martine Ladoucette : Le taux d'incidence a doublé en une semaine. Il est aujourd'hui très proche de 400 cas pour 100 000 habitants, c’est-à-dire plus du double de la métropole. Si on ne fait rien, ce taux continuera forcément à augmenter et il aura des conséquences sur la saturation de la capacité hospitalière comme le connaît aujourd'hui la Martinique.

Quelle est la situation à l'hôpital ?

En une semaine, on est passés de 41 à 47 lits de réanimation occupés, soit deux tiers de notre capacité initiale de réanimation. On s'attend encore à une augmentation du fait des pics journaliers qu'on a connu ces derniers jours. Le centre hospitalier universitaire (CHU) a fait un nouvel effort d'augmentation de sa capacité en réanimation, mais au prix de fermetures de salles de bloc très importantes. Aujourd'hui, c'est un tiers du bloc opératoire du CHU qui ne peut plus fonctionner. Cette petite marge de manœuvre, absolument indispensable, risque très vite d'être insuffisante.

Des évacuations de malades vers la métropole, comme à la Martinique, sont-elles envisagées ? L'armée pourrait-elle aussi monter des lits supplémentaires ?

Tout est envisageable, dès lors qu'on serait véritablement dans une situation de saturation. À ce stade, ce n'est pas encore le cas. On préfère toutefois l'arrivée de renforts. Déjà, aujourd'hui - et heureusement - il y a du renfort national par la réserve sanitaire. Dix infirmiers spécialisés de réanimation sont en complément à la Réunion, et leur aide est très précieuse. On espère bien sûr pouvoir compter toujours plus sur le renfort du national au cas où.

Quel est le profil des malades hospitalisés ?

Pour la quasi-totalité d'entre eux, ils ne sont pas vaccinés. Notre première admission en réanimation d'une personne qui a un schéma vaccinal complet remonte à avant-hier. Il s'agit d'une personne avec des comorbidités. Heureusement, elle a pu sortir de réanimation deux jours après son admission.

"À La Réunion, le taux de vaccination complète est trop faible. On arrive péniblement à 30% de la population totale complètement vaccinée."

Martine Ladoucette, directrice générale de l’ARS

à franceinfo

Le maximum que l'on a, c'est sur la tranche d'âge de 70-75 ans, avec un taux de vaccination de seulement 70%. On a encore beaucoup de progrès à faire de ce côté-là. Aujourd'hui, on a quand même entre deux tiers et trois quarts des admissions en réanimation qui ont moins de 70 ans, ce qui est normal puisque La Réunion a encore une population jeune, bien que vieillissante.

Il ne faut pas oublier qu'à La Réunion, il y a une proportion de la population à risque plus importante qu'en métropole du fait du poids de certaines pathologies chroniques. Je pense en particulier au diabète, à l'insuffisance rénale chronique, à l'hypertension artérielle ou encore à l'obésité sévère.

Comment explique-t-on ce faible taux de vaccination à La Réunion ?

On a encore une proportion de la population qui est, je crois, très indécise, toujours inquiète des effets secondaires possibles de la vaccination, en dépit de tous les messages rassurants que l'on fait passer. La grande majorité des médecins généralistes à La Réunion sont vraiment les premiers à vouloir convaincre la population. Ils sont le plus pédagogues possible, très engagés dans la campagne de vaccination. On en saura davantage la semaine prochaine, puisqu'on attend les résultats d'une étude nationale sur les freins, les résistances à la vaccination à laquelle La Réunion s'est prêtée. J'espère bien pouvoir compter sur les résultats de cette enquête pour travailler davantage sur les leviers qui pourraient convaincre la population.

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