Covid-19 : entre angoisse et système D, les employés des grandes surfaces des départements en vigilance renforcée ont fermé boutique

Les galeries et commerces de plus de 10 000 mètres carrés ont baissé le rideau, vendredi soir, dans les départements les plus touchés par l'épidémie de coronavirus. Aucune date de réouverture n'est avancée pour le moment.

Article rédigé par
Mathide Vinceneux - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Le Passage du Havre, à Paris, est concerné par la mesure de fermeture des galeries commerciales de plus de 10 000 mètres carrés. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

Vendredi après-midi, les derniers clients défilent encore, Passage du Havre à Paris, près de la gare Saint-Lazare. La quarantaine de boutiques sont fermées, à partir de samedi 6 mars, pour la troisième fois en un an. "On ne sait pas pour quelle durée exactement, c'est ça qui est un peu stressant", confie, inquiète, Fatou, la responsable adjointe d'une bijouterie fantaisie.

Après la fermeture des surfaces commerçantes de plus de 20 000 mètres carrés, ce sont ainsi les galeries et les commerces de plus de 10 000 mètres carrés qui ont baissé le rideau, dans les 23 départements placés en vigilance renforcée. C'est l'une des nouvelles mesures annoncées par le gouvernement pour tenter d'endiguer la flambée de l'épidémie de Covid-19. Un coup dur pour les commerçants : stress, incompréhension... Tiphanie et Reza travaillent dans un magasin de chaussures, avec une vitrine qui donne sur le trottoir : "Malgré le fait qu'on soit sur un accès rue, on est obligé de fermer. La Fnac, à côté, reste ouverte", regrette-t-elle. "Ce n'est pas logique, ça a été décidé comme ça, on va faire avec, on n'a pas le choix", complète son collègue.

À la recherche d'autres emplois

Dans ce salon de coiffure d'une grande chaîne, Séverine, la responsable, explique comment elle s'est débrouillée : "Moi j'ai trouvé un autre travail pour combler mon chômage partiel, parce que sinon je perds trop d'argent. Je fais de la manutention. C'est le système D ! Je travaille à Amazon le weekend."

"Avec les primes en moins, on peut perdre de 600 à 800 euros. Moi je suis toute seule avec un gamin, donc..."

Séverine, responsable d'un salon de coiffure

à franceinfo

Cindy, l'une des coiffeuses, a peur que cette troisième fermeture soit la dernière pour le salon : "Moi je fais des ménages. En fait on ne sait pas ce qu'on va devenir en tant qu'employées. Est-ce qu'on va fermer, est-ce qu'on va se retrouver sans travail... Ce sont des questions qu'on se pose au quotidien."

Les lumières s'éteignent, c'est l'heure des adieux. À l'arrêt de bus, un petit groupe de vendeuses discutent : "Au revoir, à bientôt ! Je ne sais pas quand on se reverra..." Elles travaillent dans la galerie pour une célèbre chaîne de magasins de cosmétiques. "Moi je n'ai même pas de chômage partiel, je vais aller à Pôle Emploi ! Les points de vente qu'on me propose sont trop éloignés de mon domicile. Je suis dans mon droit de refuser d'aller au-delà d'une heure ou deux heures de transport." Les seules vitrines éclairées désormais sont celles des boutiques en face, alignées le long de la rue.

Les grandes galeries commerciales et magasins ont fermé, dans les départements en vigilance renforcée - Reportage de Mathide Vinceneux
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