Covid-19 : "Confinement et couvre-feu ont été un frein à l'activité physique", notamment chez les femmes, constate une médecin

Selon le Baromètre sport et santé de la Fédération française d'éducation physique et de gymnastique volontaire, 67% des femmes assurent avoir davantage de mal à pratiquer une activité sportive à cause du confinement et du couvre-feu.

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Radio France
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Une femme fait son jogging sur la place de l'Opéra à Paris, le 21 mars 2020. (FRANCK FIFE / AFP)

La pandémie a des conséquences sur notre activité physique, et notamment sur celle des femmes, selon le Baromètre sport santé de la Fédération française d'éducation physique et de gymnastique volontaire, en collaboration avec Ipsos. Les femmes pratiquent deux heures et demie de sport par semaine. C'est 30 minutes de moins que l'an dernier et 48 minutes de moins que les hommes. Les deux tiers d'entre elles assurent avoir plus de mal à exercer une activité physique. Selon le docteur Hélène Colombani, présidente de la Fédération nationale des centres de santé, médecin généraliste et directrice du service de santé de la ville de Nanterre, cela est le résultat d’un partage des tâches inégal dans le foyer. Elle conseille également d’adapter notre pratique sportive alors que le couvre-feu et l’interdiction de certaines activités se poursuivent.

franceinfo : La baisse de l’activité physique chez les femmes depuis le début de la pandémie vous surprend ?

Hélène Colombani : Non, il n’y a pas vraiment de surprise dans la mesure où souvent, on constate qu'il y a moins de pratique sportive chez les femmes et particulièrement dans les classes les plus défavorisées. C'est vrai que depuis un an, l’épidémie a entraîné des mesures de confinement, de restrictions, de couvre-feu et cette période a entraîné un certain nombre de difficultés, une sédentarité accrue. Le télétravail aussi a généré moins d'activité. Et ça entraîne chez beaucoup de personnes des situations de stress, de difficultés d'adaptation et des réactions anxio-dépressives.

La diététicienne qui travaille au sein du centre de santé m'a alertée il y a quelques jours sur la demande de consultations qui explose en raison de prise de poids. On voit effectivement qu’il y a eu un effet double : une sédentarité et une alimentation peut-être plus riche pour compenser les effets du stress. Il y a aussi des addictions qui ont augmenté. Ce confinement et ce couvre-feu ont été un frein à l'activité physique et les femmes sont particulièrement concernées.

Cela a un impact sur la santé physique et mentale ?

Oui, les femmes sont plus chargées du foyer, donc les contraintes pèsent plus sur elles. Mais déjà, en temps normal, ça a un impact sur la pratique du sport. Évidemment, le confinement a eu un effet selon le type de pratique sportive. Il est sûr que pour tous les sports en salle, à la piscine, il y a eu un coup d'arrêt. Après il est possible d’aller faire de la marche à pied, du footing ou d'autres activités physiques.

Quels conseils vous pouvez donner ?

Il faut pratiquer d'autres activités sportives, s’adapter au contexte et donc sortir. C'est important de marcher, à la fois pour son corps, mais aussi pour son bien-être, ça permet de lutter contre les effets du stress. Cela prépare aussi à retrouver une activité après plus intensive. Il faut rappeler que dans cette période, le sport sur ordonnance a été autorisé. Il faut vraiment consulter son médecin traitant et voir ce qui peut être mis en place. L’idéal est d’atteindre trois ou quatre heures de sport par semaine. Il faut mixer cardiovasculaire, étirements, renforcement musculaire pour agir sur différentes composantes.

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