Covid-19 : ce que l'on sait du variant Pirola, détecté pour la première fois en France

Le nouveau variant du Covid-19, BA.2.86, surnommé Pirola sur les réseaux sociaux, a été identifié jeudi dans le Grand Est.
Article rédigé par franceinfo
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Des autotests positifs au Covid-19, photographiés aux Etats-Unis, le 21 juillet 2023. (REGINALD MATHALONE / NURPHOTO / AFP)

A quelques jours de la rentrée et alors que les cas de Covid-19 repartent à la hausse, faut-il s'inquiéter de cette annonce ? Le nouveau variant du Sars-CoV-2, BA.2.86, surveillé attentivement par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et rebaptisé Pirola sur les réseaux sociaux, a été détecté pour la première fois en France, a annoncé jeudi 31 août à l'AFP Santé publique France, confirmant une information du Parisien. Ce variant a été repéré dans le Grand Est, a précisé l'agence sanitaire, soulignant avoir "lancé une investigation pour récolter les informations épidémiologiques permettant de documenter ce premier cas". Franceinfo vous résume ce qu'il faut savoir sur BA.2.86.

Un très grand nombre de mutations

Ce membre de la famille Omicron est particulièrement scruté en raison d'un "plus grand nombre de mutations", le rendant "susceptible d'évoluer de façon plus importante et de se répandre plus facilement", avait rappelé la semaine dernière la présidente du Comité de veille et d'anticipation des risques sanitaires (Covars), Brigitte Autran.

L'OMS a ainsi décidé de classer ce nouveau variant dans la catégorie des variants sous surveillance en raison du très grand nombre (supérieur à 30) de mutations du gène Spike qu'il porte. C'est la protéine Spike qui donne au virus son aspect hérissé et c'est elle qui permet au Sars-CoV-2 de pénétrer dans les cellules de l'hôte. Rappelons que l'OMS traque trois variants d'intérêt (XBB.1.5, XBB.1.16 et EG.5) et que sept variants sont classés sous surveillance (BA.2.75, BA.2.86, CH.1.1, XBB, XBB.1.9.1, XBB.1.9.2 et XBB.2.3).

Aux Etats-Unis, les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) ont également fait un nouveau point sur ce variant, daté du 30 août. "Il est trop tôt pour savoir si ce nouveau variant cause une plus grande sévérité de la maladie par rapport aux autres variants", peut-on y lire.

Un variant déjà présent dans plusieurs pays

Ce variant avait été détecté jusqu'ici dans plusieurs pays, dont les Etats-Unis, le Danemark ou Israël, mais pas encore en France. C'est donc désormais le cas. 

"Le variant BA.2.86 (…) fait l’objet d’une attention internationale particulière. En date du 31/08/2023 midi, seulement 25 séquences avaient été détectées dans le reste du monde", relativise néanmoins Santé publique France dans son analyse de risque (lien PDF) liée aux variants émergents du Sars-CoV-2 et datée du 31 août.

Les autorités sanitaires se veulent rassurantes

Même si BA.2.86 provoquait un pic majeur d'infections, "nous ne nous attendons pas à voir des niveaux comparables de maladies graves et de décès par rapport à ce que nous avons fait plus tôt dans la pandémie lorsque les variants Alpha, Delta ou Omicron se sont propagés", avait commenté, le 18 août, François Balloux, qui dirige la chaire de bio-informatique à l'University College de Londres.

"Même si des zones dans la protéine Spike ont muté, une partie des anticorps s'accrochera toujours dessus", limitant ainsi l’infection, avait également assuré auprès du Parisien Etienne Simon-Lorière, responsable de l’unité de génomique évolutive des virus à ARN à l’Institut Pasteur. "Les cas avérés ne présentent pas de symptômes atypiques et la population mondiale a acquis en grande majorité une forme d'immunité contre les formes graves, par la vaccination et/ou l’infection", avait-il ajouté.

"Aujourd'hui, l'OMS considère qu'il faut le surveiller" mais "ça n'appelle pas de réponse sanitaire particulière", a par ailleurs déclaré Aurélien Rousseau, ministre de la Santé, vendredi 1er septembre sur franceinfo, à propos du variant BA.2.86.

"Ce variant a été repéré 25 fois dans le monde, dont une fois en France, ce qui signifie que notre système de surveillance et de détection est toujours en place et vigilant pour nous protéger contre quelque ressaut de l'épidémie que ce soit", a souligné le ministre.

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