Covid-19 : ce qu'il faut retenir du rapport du ministère de la Santé sur le nombre de personnes vaccinées testées positives

Pour l'ensemble des tests PCR positifs enregistrés sur la semaine du 28 juin au 4 juillet, seuls 6% étaient ceux de Français complètement vaccinés. Une statistique à manier avec précaution.

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Un centre de vaccination éphémère contre le Covid-19 dans un centre commercial en Ardèche, le 30 juin 2021. (NICOLAS GUYONNET / AFP)

Les Français complètement vaccinés ont été peu nombreux à être testés positifs au Covid-19 pendant la semaine du 28 juin au 4 juillet. C'est le principal enseignement d'une étude de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees, en PDF), publiée jeudi 15 juillet.

Cette étude, la première du genre dans l'Hexagone, compare les données de la base SI-DEP, qui recense le résultat des tests en France, et la base de données VAC-SI, qui porte sur les personnes vaccinées. Voici ce qu'elle dit du statut vaccinal des personnes testées, mais aussi les limites qu'elle comporte.

Les non-vaccinés représentent 80% des tests positifs...

Sur la semaine étudiée, qui comptait 2 120 tests PCR positifs enregistrés en moyenne chaque jour, 80% n'ont reçu aucune dose de vaccin. Plus précisément, 1 700 des 2 120 tests PCR positifs enregistrés en moyenne chaque jour sur cette période ont concerné des non-vaccinés (attention, le nombre de tests n'est pas forcément identique au nombre de personnes à cause du risque de doublons).

Les personnes complètement vaccinées, elles, ne correspondent qu'à 130 nouveaux cas quotidiens, celles partiellement vaccinées à 230 cas quotidiens.

"Seuls 6% des nouveaux tests positifs concernent des personnes complètement vaccinées, alors qu'à la même date, 32% de l'ensemble de la population française est complètement vaccinée."

La Direction des études du ministère de la Santé

dans une étude publiée le 15 juillet

En se restreignant aux seuls patients s'étant déclaré symptomatiques, la part des personnes complètement vaccinées "se réduit à 4%". En visite dans un centre de vaccination de Chambéry, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a cité ces travaux en affirmant que "96%" des personnes qui ont contracté le Covid-19 avec des symptômes la semaine dernière "n'étaient pas vaccinées".

Enfin, cette faible proportion de cas positifs parmi les vaccinés se vérifie quelle que soit la tranche d'âge (sachant que les plus âgés sont plus nombreux à être vaccinés, puisqu'ils faisaient partie des publics prioritaires). "La part des personnes complètement vaccinées parmi les cas positifs demeure nettement inférieure à la couverture vaccinale à chaque âge", précise l'étude.

... mais les personnes vaccinées se font moins tester

Cette étude comporte néanmoins des biais, de l'avis même de ses auteurs. Le principal est lié aux motivations qui conduisent à se faire tester. "Les décisions de se faire tester ne sont pas de même nature lorsque les personnes sont vaccinées ou non", est-il précisé dans l'étude. Par exemple, le pass sanitaire peut conduire les personnes non vaccinées à se faire tester pour pouvoir voyager ou aller à des concerts (ou même dans l'avenir, à aller au cinéma, au restaurant ou au travail), alors que les patients complètement vaccinés n'ont pas à refaire de test.

Logiquement, les personnes partiellement ou totalement vaccinés sont donc sous-représentées dans les tests analysés pour la semaine en question, fait encore valoir la Drees.

"Ainsi la part des personnes ayant reçu au moins une dose de vaccin dans l'ensemble des tests est de 35%, alors qu'elles représentent 51% de la population."

La Drees

dans son étude publiée le 15 juillet

En outre, comme le résume l'économiste Sylvain Catherine sur Twitter, "il y a un an, 100% des cas étaient non vaccinés. Le jour où 100% de la population sera vaccinée, 100% des cas seront parmi les vaccinés." Mettre l'accent sur la part de personnes vaccinées parmi les cas détectés, pour défendre ou critiquer la vaccination, n'est donc pas pertinent.

Les auteurs de l'étude l'admettent d'ailleurs, il n'est pas possible d'"estimer précisément l'efficacité vaccinale via de simples statistiques descriptives". D'autres travaux, issus de la vaccination réelle à large échelle au Royaume-Uni, ont en revanche démontré cette efficacité. On sait désormais qu'après deux doses, les vaccins de Pfizer et d'AstraZeneca sont extrêmement efficaces contre les formes graves pouvant mener à l'hospitalisation, y compris face au variant Delta (respectivement à 96 et 92%).

Presque la même protection face au variant Delta

Enfin, le dernier enseignement porte sur le variant Delta, jugé particulièrement contagieux. Sur les 2 120 tests PCR positifs quotidiens de la semaine étudiée, 380 en moyenne étaient porteurs de la mutation L452R, qui correspond notamment au variant Delta, selon Santé publique France.

Sur ces 380 tests, 5,5% étaient ceux de Français complètement vaccinés. Finalement, "compte tenu de la faiblesse des effectifs concernés", "l'effet protecteur de la vaccination vis-à-vis de l'infection ne semble pas significativement différent pour cette mutation particulière", conclut la Drees.

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