Coronavirus : les plaintes contre le gouvernement font peser un risque de "paralysie de la décision publique", prévient Gérard Larcher

63 plaintes ont été déposées contre des membres du gouvernement pour leur gestion de la crise sanitaire du Covid-19.

Gérard Larcher, président Les Républicains du Sénat, sur franceinfo mercredi 18 décembre.
Gérard Larcher, président Les Républicains du Sénat, sur franceinfo mercredi 18 décembre. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

"Ces démarches sont les droits des citoyens" mais "je pense que nous avons le risque de la judiciarisation de notre société et que ce risque de la judiciarisation, en quelque sorte, peut conduire à la paralysie de la décision publique", a estimé mardi 19 mai sur franceinfo Gérard Larcher, président LR du Sénat alors que 63 plaintes ont été déposées contre des membres du gouvernement pour leur gestion de la crise sanitaire du Covid-19.

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"Je crois que nous devrons réfléchir à tout cela. Bien sûr, un politique, un responsable économique, un responsable, tout simplement, par exemple du secteur de la santé, doit être en capacité de rendre des comptes. Mais nous ne pouvons pas prendre des décisions en ayant pour seule ligne de conduite la peur des comptes qu'on aurait à rendre. Ça conduit à la paralysie", a indiqué le président du Sénat.

La confiance est primordiale, pour Gérard Larcher

"Il est important que nous soyons en capacité de recréer les conditions de la confiance", a estimé Gérard Larcher car "sans confiance on n'a rien, alors rendre des comptes oui, mais essayons de rétablir la confiance dans ce pays".

Les sénateurs ont adopté le 4 mai un amendement visant à protéger les maires contre d’éventuelles poursuites. "La question de la responsabilité pénale des décideurs, des maires, des chefs d'entreprise, des directeurs d'école, était une question posée par rapport aux règles que l'état d'urgence avait définies, il ne s'agissait pas de leur demander des comptes", a expliqué Gérard Larcher.

Pour le président du Sénat, "l'amnistie, c'est exonérer un coupable de peines. Ce que nous ne voulions pas, c'est en quelque sorte mettre en cause des gens qui étaient innocents et de bonne foi". Mais, pour Gérard Larcher, cette décision n’est pas "de même nature" pour les ministres : "Il est prévu la Cour de justice de la République pour les ministres, c’est une procédure de nature différente".