Coronavirus : les dividendes versés par des entreprises à leurs actionnaires dans le collimateur des syndicats et du gouvernement

Le gouvernement français devait annoncer vendredi un projet de loi pour encadrer le versement de dividendes par des entreprises qu'il aide à surmonter la crise du coronavirus.

Le ministre de l\'Economie Bruno Le Maire lors d\'une conférence de presse par vidéoconférence à l\'Elysée, à Paris, le 25 mars 2020. 
Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire lors d'une conférence de presse par vidéoconférence à l'Elysée, à Paris, le 25 mars 2020.  (FRANCOIS MORI / AFP)

Les aides oui, des dividendes non. Le gouvernement français devait annoncer, vendredi 27 mars, un projet de loi pour encadrer le versement de dividendes par des entreprises qu'il aide à surmonter la crise du coronavirus. Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, "a annoncé aux partenaires sociaux qu'il remettrait une proposition au Premier ministre cet après-midi sur l'impossibilité de cumuler les demandes de reports des échéances fiscales et sociales et le versement des dividendes", a indiqué l'Elysée vendredi.

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Interrogée sur une éventuelle interdiction de verser des dividendes, la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, a affirmé que les entreprises devaient faire "preuve de civisme"."Dans les entreprises où l'Etat est actionnaire, on va demander de ne pas verser de dividendes (...), c'est la solidarité", avait auparavant indiqué la ministre du Travail, Muriel Pénicaud. Elle avait ajouté lors d'un entretien à CNews "comprendre la démarche de la CFDT", qui avait appelé mercredi les grands groupes français à ne pas verser de dividendes cette année.

"Eviter que les salariés soient la variable d'ajustement"

Dans une tribune publiée jeudi, 18 responsables d'organisations syndicales, associatives et environnementales, parmi lesquels Philippe Martinez (CGT), Aurélie Trouvé (Attac), Jean-François Julliard (Greenpeace) et Cécile Duflot (Oxfam), avaient réclamé, "pour éviter que les salariés soient la variable d'ajustement", que "le versement des dividendes et le rachat d'actions dans les entreprises, qui ont atteint des niveaux records récemment, [soient] immédiatement suspendus et encadrés à moyen terme".

Plusieurs grandes entreprises françaises ont déjà renoncé à verser des dividendes ou, du moins, réduit le montant initialement prévu. Mercredi, le spécialiste des affichages publicitaires JCDecaux avait annoncé renoncer à son dividende et le géant des médias Lagardère diminuer le sien.

A contrario, l'opérateur de transports Transdev, contrôlé publiquement via la Caisse des dépôts, a indiqué mardi qu'il verserait un dividende de 23 millions d'euros, soit la moitié de son bénéfice 2019, mais a précisé qu'il ne le ferait qu'une fois la crise du coronavirus terminée.

Un mouvement qui n'est pas limité à la France

En début de semaine, les cinq organisations syndicales du géant de l'énergie Engie, dont l'Etat est actionnaire, avaient demandé, dans une lettre à Bruno Le Maire, que le dividende pour l'année 2019 soit entièrement affecté à l'investissement, "afin de faire face à la crise sanitaire".

Ce mouvement n'est pas limité à la France. La Banque centrale européenne a demandé vendredi aux banques de la zone euro de ne pas verser de dividendes ni de racheter d'actions propres tant que durera la pandémie de Covid-19, selon un communiqué.

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