Coronavirus : l'Italie dévoile les premiers éléments de sa stratégie de déconfinement

Le chef de la Protection civile a évoqué, avec prudence, le 16 mai comme date possible d'entrée dans une "phase 2", synonyme de "coexistence avec le virus".

Des policiers surveillent un marché à Padoue (Italie), le 4 avril 2020.
Des policiers surveillent un marché à Padoue (Italie), le 4 avril 2020. (ROBERTO SILVINO / NURPHOTO / AFP)

L'Italie pense à la suite. Au moment où le pays enregistre un nombre de morts quotidien au plus bas depuis plus de deux semaines, le ministre de la Santé a exposé, dimanche 5 avril, un plan stratégique en plusieurs points "pour sortir graduellement" de la pandémie de Covid-19.

En premier lieu, les autorités préconisent le port du masque généralisé. Une telle mesure est déjà obligatoire, depuis dimanche, en Lombardie, la région de Milan.

Le déconfinement passera aussi par une "distanciation sociale scrupuleuse, dans les lieux de vie et de travail," et par un réseau d'hôpitaux se consacrant au Covid-19 qui resteront ouverts après la crise pour empêcher un éventuel retour du virus. Le gouvernement prévoit de renforcer "les réseaux sanitaires locaux" afin que chaque malade identifié puisse être pris en charge, du dépistage à la mise en place d'un traitement. L'exécutif entend mener des tests dans la population pour déterminer le nombre précis de personnes contaminées.

Enfin, Rome envisage la mise en place d'une application sur smartphone, sur le modèle sud-coréen. Il s'agirait à la fois de cartographier les mouvements des malades diagnostiqués pendant les 48 heures ayant précédé l'infection et de favoriser la télémédecine afin, par exemple, de surveiller à domicile leur fréquence cardiaque et leur taux d'oxygène dans le sang.

Les bars et restaurants rouvriront en dernier

Avec l'assouplissement des mesures de confinement, les premières activités qui devraient reprendre sont celles liées à la chaîne d'approvisionnement alimentaire et pharmaceutique. Cela devrait aussi être le cas des artisans dont les boutiques voient passer un nombre limité de personnes. Les bars, restaurants, discothèques ou salles de sport seront les derniers à rouvrir. Le moment venu, il est probable que leurs propriétaires devront prévoir une distance de sécurité d'au mois un mètre entre leurs clients, de même qu'avec leur personnel.

Les personnes souhaitant rentrer en Italie, soit environ 200 000 Italiens actuellement, selon les chiffres officiels, devront se mettre à l'isolement. Il leur faudra présenter, en montant à bord d'un avion ou d'un train, une déclaration sur l'honneur précisant l'adresse où ils devront se soumettre à une période de quarantaine.

Les transports publics devront maintenir une fréquentation basse. Cela sera rendu possible grâce à des contrôleurs chargés de faire respecter une distance entre les passagers, en n'utilisant qu'un siège sur deux ou en ne laissant monter qu'un nombre limité de personnes à bord des rames de métro, bus ou trains.

Un début de déconfinement le 16 mai ?

Apparemment arrivée sur "le plateau" de la pandémie, l'Italie n'a pas encore entamé la descente. "L'urgence n'est pas finie, a insisté le ministre de la Santé, Roberto Speranza. Le danger n'a pas disparu. Nous avons encore quelques mois difficiles devant nous, ne gâchons pas les sacrifices consentis."

Le chef de la Protection civile, qui égrène chaque soir la litanie des victimes, a annoncé, vendredi, que la péninsule serait toujours confinée pour le pont du 1er mai, avant de préciser que la décision relevait exclusivement du gouvernement. Avec prudence, il a aussi évoqué le 16 mai comme date possible d'entrée dans une "phase 2", synonyme de "coexistence avec le virus", mais seulement "si l'évolution [de la pandémie] ne change pas".