Coronavirus : en Equateur, près de 800 corps recueillis dans des logements faute de place à la morgue

L'Equateur est le deuxième pays le plus touché d'Amérique latine par la pandémie de Covid-19 avec 7 500 cas et 333 morts.

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Des proches d'une personne morte du Covid-19 à Guayaquil en Equateur, le 9 avril 2020. (JOSE SANCHEZ / AFP)

"Ici, ce n'est pas seulement le système sanitaire qui s'est effondré, mais aussi les services funéraires et les morgues"déplore Cynthia Viteri, maire de Guayaquil, capitale économique de l'EquateurDepuis le début de la pandémie de Covid-19, l'Equateur est le deuxième pays le plus touché d'Amérique latine avec officiellement 7 500 cas et 333 morts.

Près de 800 cadavres ont été recueillis dans des logements de la ville, faute de places suffisantes dans les morgues, a annoncé un responsable municipal, dimanche 12 avril. Ces centaines de corps ont été retirés des habitations par une force spéciale formée de policiers et de militaires et créée spécialement par le gouvernement. La province de Guayas concentre 72% des cas et Guayaquil, sa capitale, compte à elle seule environ 4 000 malades.

Des corps abandonnés dans les rues

Sur place, des centaines de cadavres ont été délaissés chez eux, voire dans les rues, enveloppés de plastique noir. Les services funéraires ont été dépassés et le secteur sanitaire, en manque de fonds et de personnel, s'est effondré. Les habitants ont diffusé sur les réseaux sociaux des vidéos de corps abandonnés dans les rues et des appels au secours de familles voulant enterrer leurs morts.

Le gouvernement équatorien a pris en charge les inhumations devant l'impossibilité des proches d'y procéder pour diverses raisons, notamment financières. Les inhumations se déroulent sans la présence de proches des victimes, et les noms des défunts figurent sur un portail électronique créé par le gouvernement pour que les proches sachent où leurs morts sont enterrés. 

En l'absence de place dans les morgues, la municipalité de Guayaquil a fait placer près des hôpitaux et de la police médico-légale des conteneurs qui servent de dépôt pour les cadavres.

Les autorités accusées de négligence

Très critiqués, le gouvernement du président Lenin Moreno et les autorités locales ont admis de graves failles. L'Equateur "a réagi tardivement", a déclaré Daniel Simancas, épidémiologiste de l'Université technologique équinoxiale (UTE) à Quito. Cela a eu les "conséquences dévastatrices que nous avons vues. Les autorités elles-mêmes ont présenté leurs excuses pour l'absence de stratégies dans la gestion des cadavres, de prévision dans l'approvisionnement en matériels médicaux", a-t-il ajouté. Il y a eu aussi des retards dans l'achat de tests, avec un plan de surveillance épidémiologique déficient.

Le président Lenin Moreno a annoncé avoir décidé de réduire de moitié son salaire et ceux des autres fonctionnaires de l'Etat devant la crise économique liée à la pandémie et la chute des prix internationaux du pétrole.

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