Coronavirus : 18 millions de personnes "à risque" devront rester confinées après le 11 mai, estime le président du Conseil scientifique

Il s'agit, entre autres, des personnes âgées, des personnes ayant des pathologies à long terme ou étant obèses.

Le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, à Paris, le 6 mars 2020.
Le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, à Paris, le 6 mars 2020. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Comment organiser la sortie de confinement ? Dix-huit millions de personnes à risque devront rester confinées même après l'allègement du confinement prévu le 11 mai, a plaidé mercredi 15 janvier Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, l'instance qui conseille les autorités.

Selon lui, ces 18 millions de personnes sont les personnes "d'un certain âge au-dessus de 65 ou de 70 ans", les personnes ayant des maladies de longue durée, ainsi que "des sujets jeunes ayant une pathologie, mais aussi obèses".

"Si on n'a pas les pré-requis il faut rester confinés"

Jean-François Delfraissy a également souligné devant la commission des lois du Sénat que ce déconfinement devrait être reporté si les conditions n'étaient pas réunies. "Je suis extrêmement clair : si on n'a pas les pré-requis, il faut rester confinés" et "s'il faut retarder de quelques jours parce qu'on n'est pas prêt, il faudra retarder de quelques jours (...) Pour combien de temps, je ne sais pas. En attendant peut-être un médicament préventif."


Parmi ces "pré-requis opérationnels et techniques", il a mis notamment en avant la disponibilité d'un nombre de tests de dépistage du virus suffisant et la mise en place d'un système de traçage des contacts des nouveaux cas identifiés. Malgré le ralentissement de l'épidémie attendu, les estimations tablent sur "10 000 ou 15 000 nouvelles contaminations" par jour à partir de la mi-mai ou de la fin mai, a-t-il noté

Une "brigade" en plus d'une application numérique

Pour suivre les contacts de ces cas, il a mis en avant le déploiement d'un outil numérique sur smartphone, en projet. Mais si "le fantasme de la Corée (du Sud) pourrait suggérer qu'avec le numérique on va tout régler, la réponse est non", a-t-il insisté, notant qu'en plus d'une application numérique, Séoul avait utilisé une "brigade de 20 000 personnes" pour la prise en charge des nouveaux contaminés et le traçage des cas contacts.

"C'est de l'humain qu'il y a derrière. Et on ne l'a pas en France et si on ne l'a pas ça ne marchera pas", a-t-il estimé, évoquant un chiffre de 30 000 personnes pour cette "brigade" en France.

Dans les pré-requis pour le déconfinemenent, il faudra également "une véritable stratégie claire annoncée à nos concitoyens", notamment sur des aspects très pratiques comme la gestion des nouveaux cas positif. Il est notamment envisagé de les isoler en famille ou dans des chambres d'hôtel.

La sélection de franceinfo sur le coronavirus

• Infographies. Plus de 15 000 morts, le nombre de malades en soins intensifs en baisse... Découvrez l'évolution de l'épidémie en France en quatre cartes animées

• Eclairage. Pourquoi les écoles et les crèches pourraient rouvrir dès le 11 mai ?

• Synthèse. Montant des aides, stratégie de "déconfinement", distribution des masques... Les questions qui restent en suspens après l'allocution de Macron

• Témoignages. "Ça les aide à prendre du recul" : des psychologues vont au-devant des soignants pour qu'ils se confient