Tests obligatoires aux aéroports : cela ne doit pas "occulter l'essentiel, les mesures barrières", selon un infectiologue

Le Premier ministre Jean Castex a annoncé vendredi des tests obligatoires, au plus tard au 1er août, pour les voyageurs venant en France de 16 pays où le virus du Covid-19 circule fortement, dont les Etats-Unis et l'Algérie.

Le Premier ministre Jean Castex en déplacement à l\'aéroport Roissy-Charles de Gaulle, le 24 juillet 2020.
Le Premier ministre Jean Castex en déplacement à l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle, le 24 juillet 2020. (THOMAS SAMSON / AFP)

Les mesures annoncées par le Premier ministre vendredi 24 juillet pour éviter une plus grande diffusion du virus en France sont "des mesures additionnelles", a réagi vendredi sur franceinfo Jean-Paul Stahl, infectiologue au CHU de Grenoble, alors que le Premier ministre Jean Castex a annoncé que des tests seront obligatoires, au plus tard au 1er août, pour les voyageurs venant en France de 16 pays où le virus du Covid-19 circule fortement.

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Jean-Paul Stahl tient tout de même à rappeler que ces annonces ne doivent pas "occulter l'essentiel : les mesures barrières sur le territoire. C’est là où il y a le plus de circulation virale. Que l'on restreigne sur certains voyages à risque, pourquoi pas". Mais l'infectiologue souligne que les tests PCR "sont la photographie du moment où on fait une PCR, mais cela ne présage pas ce qui se passera le lendemain".

Les voyageurs "doivent se prendre en main"

"La logique", selon Jean-Paul Stahl, serait que le test soit fait "dans les 48 heures qui précède le voyage avant d'arriver en France. C'est une espèce de compromis entre le délai de d'apparition et la contamination. On est toujours dans une espèce de compromis. Il n'y a pas d'absolu". Mais si le résultat du test est négatif, "il ne faut pas se sentir quitte. Les personnes viennent d'un pays à risque où il y a beaucoup de circulation du virus. Elles doivent se prendre en main et observer encore plus que d'autres les mesures barrières. Parce que ce sont des personnes qui sont potentiellement contaminantes pour d'autres".

Le résultat d'un test PCR "n'est pas immédiat", souligne Jean-Paul Stahl. Que faire en les attendant ? "C'est un des problèmes. Nous ne sommes pas dans un pays come Taïwan où les passagers sont assignés à résidence avec un contrôle policier. La France n'est pas un pays qui a cette habitude-là. Mais dans l'absolu, c'est ce qu'il faudrait." Concrètement, il faudrait "que les personnes restent en isolement le temps qu'on reçoive le test".

Le dispositif annoncé par Jean Castex sera opérationnel "au plus tard le 1er août". Jean-Paul Stahl comprend ce délai. "Il faut organiser. Faire un test ne se fait pas en claquant des doigts. Le test doit être fait dans des bonnes conditions par quelqu'un qui a l'habitude de le faire". Il faut donc "avoir le temps de former un personnel, ou le temps de recruter un personnel formé". L'infectiologue comprend "qu'on n'ait pas ça sous la main". Si ce sont "les policiers aux frontières", il faudra "leur apprendre un geste de prélèvement médical". Si ce sont des infirmières, "où est-ce qu'on les trouve et comment on va les mobiliser dans les aéroports" ? Il y a donc "une logistique à mettre en place". Jean-Paul Stahl n'est donc pas "étonné que cela prenne quelques jours".