Masque obligatoire : un éternuement, "c'est un véritable feu d'artifice" de "microgouttelettes", explique le patron de l'Afnor

Alors que le port du masque est obligatoire depuis lundi, Olivier Peyrat, le directeur général de l'Afnor, invité de franceinfo, revient sur l'efficacité des masques, les normes qu'ils doivent respecter ainsi que les recommandations pour en fabriquer un soi-même.

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Radio France
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L’obligation de sortir masqué dans les lieux publics clos commence ce lundi 20 juillet. Quartier de Beaugrenelle, dans le XVe arrondissement de Paris, le 19 juillet 2020. (FRED DUGIT / MAXPPP)

Depuis le mois de mars, on trouve sur le site de l'Afnor tous les conseils pratiques pour fabriquer des masques. Une protection barrière qui est devenue obligatoire dans les lieux publics clos à partir de lundi 20 juillet. ​Olivier Peyrat, directeur général de l'Afnor, a rappelé sur franceinfo qu'un éternuement "était un véritable feu d'artifice" de "microgouttelettes" d'où l'importance de se "couvrir le nez et la bouche".

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franceinfo : Qu'est-ce que c'est un masque efficace ?

Olivier Peyrat : Le premier point, c'est un outil de protection collective. Ce sont des masques anti-projection. Il y a des vidéos sur Internet. Et si vous voyez les 50 à 100 000 microgouttelettes qui sont émises lors d'un éternuement, c'est un véritable feu d'artifice.

Quel tissu et quel format utiliser si on veut le confectionner soi-même ?

Vous tapez sur votre moteur de recherche favori "Masques Barrières Afnor Spec S76-001". Vous avez accès à une foule de recommandations pour savoir comment faire vous-même ou demander à un artisan ou éventuellement dans le cadre d'une protection industrielle. À partir du moment où le document a été pris en compte dans le cadre de la production, la réglementation prévoit également pour les fournitures industrielles qu'il y ait un certain nombre de lavages permis par ce modèle de masques. Vous pouvez donc avoir confiance dans l'efficacité anti-projection de ce masque.

Il y a un logo qui certifie la norme ?

Vous avez un dispositif qui a été mis en place par l'État avec un petit logo tricolore qui indique en plus le nombre de lavages. Je crois que la mesure gouvernementale  annoncée montre qu'on s'inscrit bien dans une logique qui n'est plus une logique exceptionnelle qui est celle du confinement. Le confinement a représenté un investissement pour la collectivité. Il s'agit de préserver cet investissement, d'où la mesure qui est déjà très largement observée. Il m'arrive souvent de prendre les transports en commun et la très grande majorité des passagers a un masque barrière de ce type-là. En régime permanent, la filière industrielle a connu pendant la période exceptionnelle une mobilisation exceptionnelle. Je salue l'industrie du textile. Mais en régime permanent, nous devons nous préparer durablement à avoir un élément de la garde-robe qui s'appelle le masque barrière et que vous pourrez choisir. Il sera conforme à des spécifications qui maintenant deviennent même européennes puisque notre spécification AFNOR publiée fin mars vient d'être reprise au plan européen.

Y aura-t-il des contrôles réguliers dans les magasins ?

Le régime permanent avec des certifications qui vont bientôt voir le jour repose sur un cahier des charges dans notre document Afnor Spec. Cela représente aussi pour les productions industrielles des contrôles qui sont faits à partir d'essais par des laboratoires qui sont compétents. Naturellement, ces certifications s'appuieront sur tout ce qui a été fait pendant la phase de confinement. On ne va pas faire deux fois ce qui a été fait et bien fait. Mais en régime permanent, des laboratoires vérifieront que les différents masques qui sont produits industriellement sont conformes à ces spécifications. Et accessoirement, en aval, effectivement, il peut y avoir des prélèvements qui sont faits par les services officiels de la répression des fraudes.

Est-ce qu'on pourra toujours utiliser les masques que l'on fait soit même et qui, du coup, ne passent pas par ce système de contrôle ?

Personnellement, je dispose de différents types de masques, certains faits par des artisans, certains faits maison, certains faits industriellement et je n'hésiterai pas à continuer de les porter. Ils ont été faits suivant de bonnes spécifications, bien faits, en utilisant les bons matériaux. Après cela, je dirais qu'un bon masque, c'est très bien, mais il faut également aussi bien le porter, bien savoir le retirer, ne pas toucher le devant du masque. Il faut qu'il soit bien couvrant. Il m'arrive parfois dans les transports en commun de voir des personnes porter le masque uniquement sur la bouche. Quand on peut éternuer, la projection peut se produire aussi par le nez et donc il faut aussi couvrir le nez et la bouche.

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