Covid-19 : "La situation est hors de contrôle. Le virus a enfoncé toutes nos lignes" selon le président de l'Union française pour une médecine libre

Le coronavirus "est maintenant partout" s'inquiète Jérôme Marty, président de l'Union française pour une médecine libre. Ce médecin généraliste estime que l'épidémie n'a pas été bien gérée, notamment dans les entreprises et les écoles.

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Un laborantin effectue un prélèvement PCR pour tester un patient au Covid-19 (photo d'illustration). (JEFF PACHOUD / AFP)

"La situation est hors de contrôle. Il faut le dire, le virus a enfoncé toutes nos lignes, il est maintenant partout", a affirmé mardi 27 octobre sur franceinfo Jérôme Marty, médecin généraliste et président de l’Union française pour une médecine libre (UFML). Le même jour, le Premier ministre Jean Castex a jugé "indispensables" de "nouvelles mesures" pour lutter contre l'épidémie de Covid-19. Le taux de patients dans les services de réanimation pourraient très rapidement, d'ici dix jours, atteindre le niveau qui était celui du pic du mois d'avril.

"On est dans une phase d'explosion"

"On est non seulement dans une phase exponentielle, mais pire, on est dans une phase d'explosion", insiste Jérôme Marty. "Il y a un phénomène de cocotte-minute, explique le médecin. "Quand vous avez un certain taux de virus qui circule, tout d'un coup, vous avez une arborescence telle que les contaminations se forment partout. C'est la situation qui s'est passée dans l'Est au mois de mars. On avait dit qu'on craignait qu'il y ait la situation de l'Est dans quatre ou cinq régions. C'est en train de se profiler." Pour ce médecin, "il faut vraiment prendre des mesures très strictes pour faire baisser ce taux afin, ensuite, d'agir et de sortir de cette maladie." Le médecin rappelle qu'il y a actuellement "des taux d'incidence qui sont souvent supérieurs à 1 000. Et ça, ça montre que le virus circule de façon extrêmement importante".

"On court après le virus"

Alors que le couvre-feu a été mis en place il y a un peu plus d'une semaine, Jérôme Marty précise qu'il faut "normalement trois semaines pour recueillir les fruits. Le président va parler demain alors que nous ne sommes qu'à une semaine". Face à ce constat, il y a "trois scénarios" selon le médecin. "Un premier, qui est le scénario du renforcement du couvre-feu, un autre qui est celui des confinements territoriaux, où le virus circule le plus, et enfin, le scénario de confinement global et général." Jérôme Marty craint que l'on aille "vers le premier scénario" et que la méthode choisie soit "une fois de plus" celle "de répondre à l'augmentation du virus par de nouvelles mesures". Selon lui, "cela montre qu'on court après le virus. Et quand on court après le virus, on a déjà perdu".

"Personne ne souhaite le confinement. Personne ne souhaite une mesure qui va être extrêmement dure sur le plan social et économique, sur un pays qui est déjà fragilisé, analyse le médecin.

Le virus a franchi nos lignes. Il vaut mieux taper fort et taper longtemps par des mesures successives.

Jérôme Marty, médecin généraliste

à franceinfo

"Un tas de choses qui n'ont pas été faites"

Pour Jérôme Marty, on a laissé "des trous dans la raquette", notamment dans les entreprises où "on n'a pas privilégié assez le télétravail". Il évoque également "la problématique des écoles" qui sont "de grands pourvoyeurs, accélérateurs, de l'épidémie". Il affirme qu'il faut "masquer les enfants à partir de 6 ans, qu'on aère, qu'on change le mobilier, qu'on aide les professeurs pour déconcentrer les classes, tout un tas de choses qui n'ont pas été faites".

Jérôme Marty plaide pour fermer "les classes les plus grandes. Il faut fermer sans doute les universités pendant un temps. On peut peut-être laisser le primaire ouvert, mais cela impose qu'on masque les élèves et qu'on adapte les écoles pour éviter qu’on ait cette diffusion de l'épidémie".

Pour la suite, Jérôme Marty estime que "si on a un confinement efficace, il faudra mettre ce temps à profit pour véritablement partir sur une politique de tests qui marchent et qui permettent de circonscrire cette épidémie".

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