Covid-19 : ce qu'il faut retenir des annonces du gouvernement sur les modalités du nouveau confinement

Jean Castex et ses ministres ont notamment confirmé jeudi soir que le télétravail serait la règle pour les salariés qui le peuvent. Ils ont également annoncé qu'une simple "attestation sur l'honneur" serait nécessaire pour les retours de vacances ce week-end.

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Le Premier ministre, Jean Castex, lors de la conférence de presse du gouvernement sur le nouveau confinement, le 29 octobre 2020. (IAN LANGSDON / REUTERS)

Après l'annonce, l'explication de texte. Le Premier ministre, Jean Castex, et cinq de ses ministres ont dévoilé lors d'une conférence de presse, jeudi 29 octobre, certaines modalités du nouveau confinement qui entrera en vigueur vendredi pour lutter contre la progression de l'épidémie de Covid-19. Ils ont aussi répondu à certaines questions restées sans réponse après le discours d'Emmanuel Macron mercredi. Franceinfo vous résume les principaux enseignements à tirer de cette prise de parole.

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Le jogging et les sorties dans les parcs autorisés

Emmanuel Macron avait indiqué mercredi qu'il serait possible de sortir de chez soi pour "prendre l'air". Des sorties limitées à une heure et à un rayon d'un kilomètre autour de chez soi, a-t-on appris jeudi matin. Jean Castex a ensuite précisé que les activités permises comprendraient "les activités individuelles et de plein air, comme le jogging", mais pas, en revanche, les sports collectifs ou ceux pratiqués en intérieur.

Par ailleurs, "les parcs, jardins, forêts et plages resteront ouverts" dans le cadre des sorties autorisées, a indiqué le Premier ministre. Leur fermeture, lors du premier confinement, avait été contestée.

Les lieux de culte ouverts, les enterrements et mariages possibles en petit comité

Ce nouveau confinement sera plus souple que le précédent concernant les lieux de culte, qui pourront rester ouverts, a indiqué Jean Castex. Si les cérémonies religieuses seront à nouveau interdites, cela ne concernera pas "les enterrements, dans la limite de 30 personnes, et les mariages, dans la limite de six personnes". Par ailleurs, le Premier ministre a promis une "tolérance" pour les cérémonies organisées lors du week-end de la Toussaint.

Des services publics toujours accessibles

Mercredi, Emmanuel Macron avait annoncé que les "guichets des services publics" resteraient ouverts. Jean Castex a listé jeudi un certain nombre des services concernés : la Poste, la Caf, l'Assurance-maladie, Pôle emploi, les maisons départementales pour les personnes handicapées, et les mairies et préfectures, au moins pour un rendez-vous. Les guichets des banques resteront également ouverts, a-t-il assuré.

Les manifestations restent autorisées

Même en confinement, l'organisation de "manifestations revendicatives" sur la voie publique restera autorisée. Sous réserve, cependant, qu'elles soient déclarées auprès de la préfecture. La limitation des rassemblements dans l'espace public ne s'appliquait déjà pas à ce cas de figure. Bien sûr, le reste des rassemblements dans l'espace public est interdit.

Les commerces et restaurants fermés pourront livrer ou proposer le retrait de commandes

On le savait, la liste des commerces autorisés à ouvrir est un peu plus étendue qu'au printemps. Pour ceux qui sont fermés, ainsi que pour les restaurants, la règle sera également un peu plus souple : ils "pourront continuer de fonctionner pour les activités de livraison et le retrait de commandes", a indiqué Jean Castex. Par ailleurs, les commerces ouverts devront mettre en place une jauge de fréquentation maximum. Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, a d'ailleurs promis des "moyens financiers" pour aider à la "numérisation" des entreprises (notamment pour la création d'un site internet permettant la commande en ligne).

Les retours de vacances possibles ce week-end sans justificatif, les déménagement autorisés

Interrogé sur la "tolérance" promise, jusqu'à dimanche soir, aux personnes se déplaçant d'une région à une autre pour rentrer de vacances, Jean Castex a indiqué qu'elles n'auront pas à prouver qu'elles étaient réellement en vacances. Une "attestation sur l'honneur suffira", a assuré le Premier ministre, expliquant qu'il ne souhaitait pas "de formalisme".

Les déménagements seront autorisés, a par ailleurs assuré Jean Castex, qui a évoqué la nécessité de présenter un "justificatif de l'entreprise de déménagement", sans préciser comment les personnes n'employant pas de déménageurs devraient procéder.

En Outre-mer, le confinement ne s'appliquera qu'en Martinique

C'était une des zones d'ombre après le discours d'Emmanuel Macron, qui avait indiqué que le sort des territoires d'Outre-Mer n'avait pas été tranché. Ils constituent finalement la "seule exception", a indiqué Jean Castex, car le virus y "circule moins vite". Hors de l'Hexagone, le nouveau confinement "ne sera appliqué qu'à la Martinique", a-t-il annoncé. En revanche, "des tests seront exigés au départ et à l'arrivée de ces territoires".

Les frontières fermées pour les pays hors de l'"espace européen"

Jean Castex a précisé les possibilités de déplacement hors de France. Comme annoncé par Emmanuel Macron, la France ne ferme pas ses frontières avec les Etats de "l'espace européen". Elles le seront en revanche avec les autres pays, sauf pour les "déplacements des ressortissants français et des résidents en France". Pour entrer sur le territoire, ils devront cependant présenter un résultat de test négatif de moins de 72 heures, ou réaliser un test à leur arrivée.

Le protocole sanitaire durci dans l'enseignement

Jean-Michel Blanquer, qui avait déjà annoncé que les élèves resteraient autant que possible dans la même salle de classe, a dévoilé d'autres points du protocole sanitaire renforcé. Les récréations seront organisées "par groupes". Si c'est impossible, les élèves devront rester en classe lors de la pause. Les cantines ne seront pas fermées, mais chaque classe prendra son repas de son côté, et les élèves devront maintenir une distance d'un mètre entre eux.

Jean-Michel Blanquer a également assuré que des masques seraient prévus dans les écoles, où il devient obligatoire à partir de 6 ans, en cas d'oubli ou pour les élèves pour qui en acheter représente une "difficulté économique", comme c'est déjà le cas dans le secondaire.

Enfin, le ministre de l'Education a annoncé que les membres du personnel considérés comme vulnérables au Covid-19 pourraient rester chez eux. La liste des cas concernés sera dévoilée vendredi par le ministère de la Fonction publique, a-t-il promis.

L'enseignement supérieur à distance, à quelques exceptions près

"La règle sera le distanciel", et les cours se feront en ligne, dans les universités et les autres établissements d'enseignement supérieur, a indiqué Jean Castex. Seuls certains "travaux pratiques et enseignements professionnels" qui demandent un matériel spécifique, notamment dans les IUT, continueront d'avoir lieu dans les établissements.

Sur Instagram, jeudi soir, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a cependant indiqué que les cours des BTS et classes prépas, eux, "continueront de se tenir en présentiel". Les bibliothèques universitaires ne seront plus ouvertes que sur rendez-vous, avec une jauge maximum, et les restaurants universitaires ne serviront plus que des repas à emporter.

En revanche, les examens et concours se tiendront comme prévu, a promis Jean Castex. Une autorisation qui ne se limite pas à l'enseignement supérieur, puisqu'il sera également possible de passer son permis de conduire, a-t-il annoncé.

Le télétravail ne sera "pas une option", mais une "obligation" pour ceux qui le peuvent

L'obligation de placer en télétravail les salariés qui le peuvent "sera inscrite dans la nouvelle version du protocole national en entreprise", qui doit être mise en ligne jeudi soir, a indiqué la ministre du Travail, Elisabeth Borne. Par ailleurs, ceux qui n'ont besoin d'être présents sur leur lieu de travail que pour certaines tâches "pourront se rendre une partie de leur temps" sur place, en s'organisant pour "regrouper ces activités", et ainsi limiter les déplacements. 

Les réunions en visioconférence "sont la règle", a ajouté Elisabeth Borne, et les "moments de convivialité en entreprise ne sont pas autorisés".

De nouvelles aides pour les entreprises, et d'autres qui s'élargissent

Bruno Le Maire a annoncé que les bailleurs des commerces en difficulté seraient incités fiscalement à annuler une partie des loyers de ces derniers. Cette mesure concernera les entreprises fermées administrativement de moins de 250 employés, et celles des secteurs les plus en difficulté (restauration, hôtellerie, culture...). Le bailleur bénéficiera d'un crédit d'impôt de 30% de la somme à laquelle il acceptera de renoncer.

Si les prêts garantis par l'Etat font toujours partie du dispositif d'aide aux entreprises, le ministre de l'Economie a également annoncé la création de "prêts directs de l'Etat", dont le montant pourra atteindre 10 000 euros pour les entreprises de moins de 10 salariés, et 50 000 euros pour celles de 10 à 50 salariés. Ils s'adressent à celles qui n'ont "aucune solution, [auxquelles] les prêts garantis par l'Etat ne conviennent pas, [qui n'ont] aucune possibilité d'accès à de la trésorerie"

Le fonds de solidarité va également être élargi. Désormais, toutes les entreprises fermées administrativement à cause du confinement auront droit à une aide de 10 000 euros si elles ont moins de 50 salariés, "quel que soit le secteur d'activité", a annoncé Bruno Le Maire. Cette aide sera aussi accessible pour les entreprises des secteurs les plus touchés (tels le tourisme, l'événementiel ou la culture) qui ne ferment pas mais qui ont perdu plus de 50% de leur chiffre d'affaires. Dans les autres secteurs, les entreprises et indépendants ayant perdu 50% de leur chiffre d'affaires auront droit à une aide de 1 500 euros par mois.

Le chômage partiel restera par ailleurs une option pour les entreprises. Il sera pris en charge à 100% par l'Etat dans les secteurs "protégés" (culture, restauration, événementiel...) et pour les entreprises faisant l'objet d'une fermeture administrative, a indiqué la ministre du Travail. Et les autres employeurs pourront y avoir recours "aux conditions actuelles" (une prise en charge de 84% du salaire net) jusqu'au 31 décembre au moins.

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