Coronavirus : "On est dans une situation contrôlée mais fragile", estime le président du Conseil scientifique

Jean-François Delfraissy était l'invité de France Inter. Il a fait un point sur l'épidémie de coronavirus en France. 

Jean-François Delfraissy le 26 avril 2020. 
Jean-François Delfraissy le 26 avril 2020.  (JOEL SAGET / AFP)

Le coronavirus "continue à circuler en France, on est en ce moment dans une situation contrôlée, mais dans une situation fragile", a affirmé sur France Inter mercredi 5 août Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique qui a publié un nouvel avis mardi. Selon lui, la France dispose de "tous les outils, et le suivi des patients et des contacts se fait dans d'assez bonnes conditions". Cependant, "on pourrait vite basculer dans une situation comme celle de Barcelone qui a été obligée de se reconfiner partiellement", a-t-il prévenu.

"Nous ne sommes pas dans la situation de janvier ou février"

Selon le président du Conseil scientifique nous ne sommes "pas dans la situation de janvier ou de février, le virus ne circule pas au même niveau, on a maintenant des mesures, avec le port du masque, la distanciation sociale et les tests, qui permettent de limiter le nombre de cas". Concernant les clusters, plus de 200 en France, "on est capable de les maîtriser", a-t-il noté. Jean-François Delfraissy juge que ces "très nombreux" foyers touchent "des régions inattendues qui avaient été peu touchées par le virus jusqu'à maintenant"et qui peuvent être "probablement liés aux mouvements des vacances". Il a aussi rapproché l'augmentation du nombre de cas de contamination à la politique de dépistage massif : "On teste beaucoup plus, donc c'est normal on trouve beaucoup plus", a-t-il expliqué.

Jean-François Delfraissy a rappelé que le conseil scientifique craint un "retour du virus à l'automne et au début de l'hiver. J'ai souhaité que le conseil scientifique avertisse les autorités de santé et le gouvernement sur cette possible deuxième vague, mais que ce soit public et qu'on avertisse les Français", a-t-il affirmé. S'il "n'y a pas de certitude qu'il y ait une deuxième vague, elle est possible mais on a des outils pour l'aborder, des plans doivent être prêts et mis en place", a-t-il indiqué. Pour Jean-François Delfraissy, "20 grandes métropoles vont être le cœur du débat car c'est là que sont les jeunes, le travail et les transports en commun donc construisons avec ces territoires et les autorités politiques de ces territoires des vrais plans de confinement partiel si on en a besoin, pour que nous soyons prêts".

10% de la population française a été en contact avec le virus 

"En France on estime qu'environ 10% de la population française a été en contact avec le virus qu'elle ait fait ou non des symptômes", a poursuivi le président du Conseil scientifique. "On n'a donc pas atteint" l'immunisation collective en France, détailleJean-François Delfraissy puisqu'il faudrait aboutir à plus de 50% de la population en contact avec le virus. "C'est la raison pour laquelle la survenue d'une deuxième vague est possible puisqu'on a une immunité populationnelle qui est insuffisante pour se protéger."

Ce chiffre de 10% est toutefois à nuancer suivant les régions, a précisé Jean-François Delfraissy. "Dans certains régions peu touchées par le virus c'est plutôt autour de 5% ou 6%. En région parisienne et dans l'Est, qui ont été beaucoup touchés, on est plutôt autour de 12-13%."