Confinement : la chasse reprend ce week-end grâce à une dérogation mais certains ne veulent pas se limiter au gros gibier nuisible

L'autorisation se limite aux grosses espèces comme le sanglier ou le chevreuil, qui provoquent des dégâts dans les champs et les forêts. Et pourtant, certaines fédérations de chasseurs ont décidé de tirer aussi de petits nuisibles.

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Radio France
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Un chasseur de Loire-Atlantique. Photo d'illustration. (JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP)

Malgré le confinement, certains chasseurs peuvent de nouveau s'adonner à leur passion samedi 7 novembre. Ils ont obtenu une dérogation à partir de ce week-end pour les grosses espèces considérées comme nuisibles comme le chevreuil ou le sanglier. "Novembre et décembre c'est une grosse période de chasse en temps normal", explique Vincent Filon, agriculteur en Haute-Saône mais pas chasseur. "Si on arrête la chasse pendant un mois, un mois et demi, c'est 2 000 à 2 500 sangliers qui ne seront pas tués et il risque d'y avoir de gros dégâts sur les cultures qui viennent d'être semées au mois d'octobre."

La chasse de loisir n'est pas autorisée

La secrétaire d'État à la biodiversité, Bérengère Abba, a diffusé une circulaire pour demander aux préfets d'encadrer la reprise de la chasse au titre de l'intérêt général pour réguler avant tout le grand gibier, en excluant la chasse de loisir. Mais dans certains départements, des arrêtés rallongent la liste des espèces. C'est ce qui s'est passé dans le Pas-de-Calais. Willy Shraen, le président de la fédération des chasseurs, affirme qu'il est autorisé à chasser tous les petits nuisibles, notamment le pigeon ramier ou la pie bavarde. "Dès qu'on parle d'autres espèces que le grand gibier, on a un blocage."

Il y a des départements où, je suis désolé, mais le sanglier n'est pas la principale préoccupation des dégâts. Ce sont d'autres espèces.

Willy Schraen

à franceinfo

"Il fallait savoir effectivement adapter cette circulaire qui le permettait, défend Willy Schraen. Et après, on se retrouve fatalement en opposition avec des gens du ministère qui nous disent qu'il n'en est pas question. Alors pourquoi l'écrire ?" 

Certaines fédérations sont ainsi soupçonnées de vouloir forcer le passage, de brouiller la frontière entre chasse de régulation et chasse de loisir. Le répondeur téléphonique de la fédération des Landes est particulièrement édifiant : "Concernant la chasse, elle reste possible pendant une heure dans un rayon d'un kilomètre, muni de votre attestation de sortie dérogatoire", indique le message enregistré.

Un "scandale" pour la LPO

Yves Verhillac, le directeur général de la Ligue de protection des oiseaux, menace d'attaquer les quelques arrêtés préfectoraux qui dénaturent selon lui l'esprit de la circulaire. "Il y a une grande majorité de préfets et départements où les arrêtés sont corrects et on ne les attaquera pas, explique-t-il à franceinfo. Mais il y a quelques départements où, visiblement, on a aujourd'hui des autorisations de chasse qui ne devraient pas l'être. On voit là tout le scandale du lobby cynégétique en France."

De son côté, Europe écologie-Les verts dénonce le régime dérogatoire, considéré comme une rupture d'égalité pendant le confinement dans l'accès aux espaces naturels. 

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