Chômage partiel : l'économiste Christian de Boissieu appelle à plus de contrôle dans les entreprises

Le vice-président du Cercle des économistes défend la mesure de chômage partiel mise en place depuis le début de la crise sanitaire, malgré les accusations d'abus dans la grande distribution.

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Radio France
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Fermeture des rayons de produits non-essentiels dans les grandes surfaces. (DELPHINE GOLDSZTEJN / MAXPPP)

"Il ne faut pas condamner le chômage partiel à la lumière de ces exemples qui ne sont pas convaincants", a réagi ce samedi sur franceinfo Christian de Boissieu, vice-président du Cercle des économistes, alors que des enseignes de la grande distribution (Casino, Monoprix, Auchan et certains Leclerc) ont pris la décision d'avoir recours au chômage partiel pour faire face à la fermeture de leurs rayons non-alimentaires.

Depuis le mois de mars, "ce régime de chômage partiel a permis de maintenir le pouvoir d'achat de beaucoup de salariés, de limiter la hausse du chômage effectif", souligne Christian de Boissieu. "Il est clair qu'il y a des entreprises qui profitent du régime pour engranger ce que l'on appelle des effets d'aubaine." Selon l'économiste, face aux grandes surfaces qui ont recours au chômage partiel, il faut "contrôler si les conditions d'ouverture du régime du chômage partiel sont bien respectées". C'est le rôle des directions régionales des entreprises. C'est le rôle de l'inspection du travail".

"S'il y a des abus, il faut lutter contre"

Christian de Boissieu s'étonne que Carrefour mette "presque les neuf dixièmes de ses salariés en France au chômage partiel, alors qu'ils ont perdu beaucoup moins en termes de pourcentage de leur activité avec la fermeture des rayons non essentiels". "S'il y a des abus, il faut lutter contre", estime-t-il. "Sans ça, c'est de l'argent public foutu par les fenêtres. C'est même condamnable pour un certain nombre de boites.

L'universitaire ajoute qu'il serait "absurde de condamner le système du chômage partiel". "Au pic du printemps, il y avait 9 millions de salariés en chômage partiel. En septembre, suite au déconfinement, on était tombés à un peu plus d'un million de salariés. 

Le nombre de salariés en chômage partiel va monter en flèche et cela va évidemment coûter cher aux finances publiques.

Christian de Boissieau, vice-président du Cercle des économistes

à franceinfo

Mais Christian de Boissieu précise que "le chômage partiel, tel qu'il est pratiqué depuis mars n'empêche pas la casse, mais cela limite un peu les conséquences négatives sur l'économie de cette pandémie". Et il martèle : il faut "clairement que les entreprises arrivent à justifier ce qu'elles font vis-à-vis des directions régionales des entreprises, vis-à-vis de l'inspection du travail, c'est à dire vis-à-vis des pouvoirs publics".

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