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Confinement : "Cela va conduire à une augmentation des passages à l'acte suicidaire", alertent des psychiatres

Avec la consommation d'alcool, les ruptures de traitement, les processus de deuils impossibles, le monde de la médecine psychiatrique redoute une vague de dépressions.

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Radio France
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Ces derniers jours, les urgences de l’hôpital Saint-Antoine, à Paris, ont dû prendre en charge de plus en plus de patients en détresse psychologique. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

Alors que les Français sont contraints de rester chez eux au moins quatre semaines de plus, les effets du confinement commencent à se faire sentir sur la population. Multiplication des troubles anxieux, dépression, insomnies, décompensation chez les plus fragiles : une crise sanitaire d’un autre genre inquiète les psychiatres.

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Ces derniers jours, les urgences de l’hôpital Saint-Antoine, à Paris, ont dû prendre en charge de plus en plus de patients en détresse psychologique. Le Samu a même dû intervenir sur des défenestrations. Et ce n’est que le début, estime la psychiatre Lucie Joly qui travaille à l’hôpital. "Forcément, explique-t-elle, il y a une majoration des conflits conjugaux, une augmentation des consommations d’alcool, des patients qui sont en rupture de traitement et à mon avis, cela va conduire à une augmentation des passages à l'acte suicidaire. J’ai l’impression que nous aussi, les psychiatres, on attend la vague".

Deuil pathologique

Il y aussi la question du deuil, de ces enterrements en comité restreint, sans cérémonie, qui risquent d’avoir de lourdes conséquences, estime Marion Rieutor, psychiatre à l’hôpital George Pompidou : "Ce qui va arriver, indique la praticienne, c’est la gestion des décès, des familles qui ne peuvent pas venir voir leur proche, dans le processus de deuil, il y a des étapes et ne pas être auprès de la personne décédée, ne pas pouvoir dire au revoir, il y a tout un processus qui ne peut pas être fait. Et il y a vraiment une grosse crainte en termes de deuil pathologique par exemple." Les psychiatres alertent aussi au sujet de l’état de stress post-traumatique des patients sortis de réanimation, mais aussi de tous les soignants montés au front. Leur travail d'accompagnement ne fait que commencer.

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