Confinement : autorisées depuis samedi, les téléconsultations de kinésithérapie "vont nous permettre de poursuivre les soins", réagissent les professionnels

Le président de la commission éthique et déontologie au Conseil National de l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes, Frédéric Srour, se félicite de la décision d'autoriser les téléconsultations de kinésithérapie. 

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Radio France
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Téléconsultation d'un médecin (illustration). (LÉO TESCHER / RADIOFRANCE)

Depuis samedi 18 avril et un arrêté publié au Journal officiel, les masseurs-kinésithérapeutes peuvent exercer leurs soins à distance par vidéotransmission en période d'épidémie du coronavirus. Une avancée qui ravit le président de la commission éthique et déontologie au Conseil National de l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes.

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Invité de franceinfo, Frédéric Srour explique que l'état des patients qui sont restés un mois sans soin "commence à s'aggraver". Et que la téléconsultation va faciliter le suivi "des patients qu'on ne peut pas voir à domicile pour différentes raisons, et permettre de poursuivre les soins".

"Il faut que le patient puisse déjà avoir bénéficié d'un premier soin physique avec son kiné avant la période de confinement" pour pouvoir suivre une séance de kinésithérapie en téléconsultation, indique le président de la commission éthique et déontologie au Conseil National de l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes.

"Ça nécessite un petit équipement, minimum un smartphone, une tablette ou un ordinateur, qui permette au patient de visualiser son kinésithérapeute, détaille-t-il. Ce dernier va lui prodiguer des recommandations, des exercices à réaliser, et corriger certaines choses qu'il aura pu voir avec lui avant la période de confinement, rétablir un bilan à distance en le voyant bouger sa jambe, son bras, son dos…"

Quelques soins possibles

La téléconsultation, prise en charge par la sécurité sociale, ne peut toutefois pas remplacer toutes les séances de soin en kinésithérapie qui sont habituellement réalisées physiquement, précise Frédéric Srour, qui cite l'exemple des soins de kiné respiratoire ou d'autres nécessitant un toucher du professionnel de santé.

"Mais il y a une grosse partie de la kiné qui relève de la mise en place d'exercices de réhabilitation et qui peut se faire par téléconsultation, je pense aux patients qui ont des troubles neurologiques, qui doivent bouger leurs membres et réaliser des exercices. Ou à ceux qui ont été opérés d'une articulation, ceux qui ont mal au dos ou au cou, qui sont en confinement depuis des semaines et qui ont eu des douleurs en augmentation", dit le président de la commission éthique et déontologie au Conseil National de l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes.

Frédéric Srour se veut rassurant sur l'encadrement de la pratique de la téléconsultation : "Il faut qu'elle se déroule via une plateforme sécurisée. Il faut aussi recueillir le consentement du patient, bien lui expliquer ce qu'il va se passer. Mais si on se rend compte qu'il n'est pas capable de réaliser ce qu'on lui demande, seul dans son domicile, il faut trouver une alternative. Ça ne peut absolument pas remplacer complètement un soin classique. C'est quelque chose qui va nous aider à poursuivre les soins, à diminuer le risque de perte progressive d'autonomie. Mais ça doit être mis en place dans les plus grandes règles de sécurité."

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