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Conséquence des guerres, de la pauvreté... et du changement climatique : le choléra fait son retour sur pratiquement tous les continents

Le nombre de pays affectés par cette maladie diarrhéique épidémique a bondi en 2022.
Article rédigé par franceinfo, Solenne Le Hen
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Administration d'une dose de vaccin oral contre le choléra, à Saint-Domingue, en République dominicaine, en janvier 2023. (ORLANDO BARRIA / EFE)

En 2022, le choléra a fait sa réapparition dans dix pays du monde : Haïti, Liban, Népal, Kenya… L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) met en cause la pauvreté, les crises économiques et les guerres, mais aussi le réchauffement climatique. 

En Syrie, l'OMS dit craindre une résurgence du choléra dans la zone affectée par les tremblements de terre de ces derniers jours. Des kits de dépistage de la maladie ont été envoyés par les associations humanitaires, et les responsables de santé guettent l'apparition du moindre cas. 

Près de deux millions de cas par an

Le choléra, c'est, disent généralement les spécialistes, une "maladie des pays pauvres" : les patients se contaminent avec de l'eau souillée. Elle est régulièrement présente au Malawi, Nigéria, Mozambique, en Haïti, ou encore au Népal. Mais elle s'est propagée en 2022. La maladie émerge désormais dans de nouveaux pays. "Il y a de plus en plus des cas de choléra dans des pays où on n'en avait pas avant. Par exemple la Syrie et le Liban", qui ont été touchés par cette maladie diarrhéique épidémique en 2022, "une première depuis 20 ans ou plus", observe John Johnson de Médecins sans frontières (MSF).

C'est en effet le premier cas depuis 30 ans au Liban, frappé par la crise économique. Aujourd'hui dans le monde, un milliard de personnes sont menacées par le choléra. Près de deux millions de cas sont estimés par an, avec une mortalité entre 1 et 3 %. Les crises économiques donc, comme au Liban, la guerre, la pauvreté, les migrations expliquent ces épidémies de choléra. Mais il y a aussi désormais le climat. "Que ce soit des cyclones à répétition ou des inondations dans certaines parties du monde, ça peut être des sécheresses", liste Philippe Barboza, chef du programme "choléra" à l'OMS. 

"Le facteur 'dérèglement climatique' est quelque chose qui joue un rôle de plus en plus important et qui augmente le risque, y compris pour des pays qui, jusqu'à présent, n'étaient pas affectés par le choléra".

Dr Philippe Barboza

à franceinfo

Le traitement de la maladie est simple: la réhydratation des patients, voire des antibiotiques. Des vaccins existent aussi, mais les épidémies sont tellement nombreuses dans le monde qu'il en manque. Preuve d'un manque de stock, L'OMS a conseillé de vacciner les populations touchées avec seulement une dose au lieu de deux. "Une dose c'est un peu moins efficaces que deux, et c'est vraiment une situation d'urgence pour vacciner le maximum de personnes avec le nombre de doses qui restent, explique, John Johnson de MSF.

Surtout que le choléra est presque une anomalie en 2023 pour certains scientifiques, dont le Dr Philippe Barboza. "Ce n'est pas une fatalité, cette maladie peut être contrôlée, souligne le chef d'équipe à l'OMS. Ce n'est pas acceptable aujourd'hui qu'il y a encore des gens qui meurent du choléra. Les solutions existent. Il suffirait que les gens aient accès à l'eau potable".

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L'Organisation mondiale de la santé espère lever plus de 2,5 milliards de dollars en 2023 pour répondre aux urgences sanitaires dans tous les pays du monde, en particulier les épidémies de choléra. 

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