Lits hospitaliers "à la demande", rénovation des Ehpad, carrières... Ce qu'il faut retenir des annonces d'Olivier Véran sur le Ségur de la santé

Le ministre de la Santé, a notamment indiqué, mardi, que 4 000 lits hospitaliers seraient rendus disponibles "en fonction des besoins". 

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, le 17 juillet 2020 à Paris.
Le ministre de la Santé, Olivier Véran, le 17 juillet 2020 à Paris. (BERTRAND GUAY / AFP)

L'objectif est d'"accélérer la transformation du système de santé". A l'occasion de la clôture du Ségur de la santé, Olivier Véran, le ministre de la Santé, a annoncé, mardi 21 juillet, "33 propositions issues de la concertation" qui a duré six semaines. Lancée à la suite de la crise sanitaire, elle était animée par Nicole Notat, ancienne numéro 1 de la CFDT"Ce n'est pas la dernière ligne du Ségur, mais c'est une ligne nouvelle, qui devra désormais vivre pour être pleinement concrétisée", a commenté Olivier Véran mardi en fin de matinée.

Franceinfo rassemble les principales mesures structurelles annoncées par le ministre pour réformer l'offre de soins, une semaine après la signature des accords sur les salaires avec les syndicats.

Des moyens pour ouvrir ou rouvrir 4 000 lits hospitaliers

"Nous allons engager chaque année des moyens financiers de manière à assurer l'ouverture ou la réouverture de 4 000 lits hospitaliers en fonction des besoins", a annoncé Olivier Véran. Dotée de 50 millions d'euros, cette enveloppe permettra de prévoir des ouvertures selon "les pics saisonniers" ou "les pics exceptionnels", a précisé le ministre de la Santé. Ces lits "à la demande" pourront être ouverts par les établissements hospitaliers.

Cette demande constitue une revendication récurrente des soignants, qui rappellent les nombreuses fermetures de lits ces dernières années. Selon les derniers chiffres officiels, quelque 4 200 lits d'hospitalisation ont été supprimés en 2018 en France, où les 3 042 hôpitaux et cliniques disposaient de 395 670 lits en fin d'année.

Des moyens supplémentaires pour les Ehpad et "les projets hospitaliers prioritaires"

Le ministre de la Santé a également annoncé un investissement de 2,1 milliards d'euros, consacrés "sur cinq ans", à la transformation, la rénovation et l'équipement dans les établissements médico-sociaux, dont les Ehpad qui accueillent les personnes âgées. "Un quart des places en Ehpad pourront être rénovées et rendues plus accessibles", a garanti Olivier Véran. Un autre milliard d'euros sur trois ans sera consacré à des investissements dans le matériel et le numérique. Par exemple pour des capteurs de chute, ou bien des enfile-bas de contention.

Par ailleurs, quelque 2,5 milliards d'euros seront engagés "sur cinq ans" pour permettre "des projets hospitaliers prioritaires et des investissements ville-hôpital", et 1,4 milliard d'euros sera consacré à combler "sur trois ans" le "retard sur le numérique en santé".

Cette enveloppe s'ajoute à la reprise de la dette hospitalière à hauteur de 13 milliards d'euros, aux 8,1 milliards prévus dans les accords de Ségur pour les salaires et les revalorisations de métiers et aux 15 000 embauches promises à l'hôpital.

Les ARS renforcées au niveau départemental

Les Autorités régionales de santé (ARS), en première ligne durant la crise du coronavirus, "seront renforcées à l'échelon départemental pour créer davantage de proximité avec les élus", a annoncé le ministre. "Mettre les territoires aux commandes, ce n'est pas un élément de discours, c'est un vrai changement de paradigme", a-t-il insisté, en reprenant le mot "territoires", sur lequel le Premier ministre Jean Castex a insisté pendant son discours de politique générale.

Davantage de places pour former les soignants

Olivier Véran a promis 2 000 places supplémentaires dans les Instituts de formation en soins infirmiers (IFSI) et de "multiplier par deux les entrées en formation d'aide-soignante d'ici à 2025". "Des perspectives d'évolution doivent exister", a-t-il aussi estimé, voulant "engager une réflexion vers une nouvelle profession intermédiaire" au sein du système de santé. Il a également indiqué qu'il souhaitait que les parcours complémentaires d'enseignants-chercheurs des soignants soient valorisés.

Les téléconsultations développées

Pour accélérer le développement des téléconsultations, le dispositif mis en place pendant la crise du Covid-19 sera prolongé et le principe de connaissance préalable du patient avant une téléconsultation sera assoupli.

Mettre fin aux "abus" de l'intérim médical

Pour l'hôpital public, Olivier Véran a en outre insisté sur la nécessité de "mettre fin" au "mercenariat" de l'intérim médical, qui a "donné lieu à trop d'abus, trop longtemps". Il veut instaurer un "repère" : "un plafond règlementaire". Il propose ainsi de faire "bloquer par les comptables publics" toute rémunération "qui irait au-delà de ce plafond", ou de permettre aux ARS de dénoncer les abus devant les tribunaux administratifs.

Un assouplissement pour la tarification à l'acte

Une enveloppe de dotation sera mise à disposition des établissements pour "accélérer la réduction de la part de T2A", la très décriée tarification à l'activité, dans le financement des hôpitaux. Ce système, qui fixe les ressources des hôpitaux en fonction des actes effectués, est souvent accusé de pousser à la "course au volume".